Environnement : la Tunisie produit 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers par an
Le ministre de l’Environnement Habib Abid a présenté vendredi devant le Parlement un état des lieux de la gestion des déchets dans le pays, appelant les députés à faciliter l’acceptation sociale des infrastructures de traitement.
La Tunisie génère annuellement environ 3,3 millions de tonnes de déchets ménagers, collectés et transportés par les municipalités au moyen de 3 420 véhicules, a révélé vendredi le ministre de l’Environnement Habib Abid lors d’une séance plénière au Parlement.
17 décharges contrôlées opérationnelles
Le ministre a souligné que les décharges contrôlées constituent une solution fondamentale pour éliminer les décharges sauvages. Il a précisé que le ministère de l’Intérieur a conclu un grand marché pour intervenir dans l’ensemble des gouvernorats.
Actuellement, 17 décharges contrôlées sont en activité : 11 gérées par l’Agence nationale de gestion des déchets (ANGed) et 6 par les municipalités. Ces sites acceptent 2,8 millions de tonnes de déchets. « La mission du ministère de l’Environnement se limite à réceptionner les déchets et à les acheminer vers les décharges contrôlées », a-t-il précisé.
Selon les chiffres présentés, chaque citoyen tunisien produit entre 800 grammes et 1 kilogramme de déchets par jour.
Un projet de décharge commune pour Le Kef et Siliana
Répondant à une question du député de la circonscription du Kef, Rim Maachaoui, le ministre a indiqué qu’il n’existe actuellement aucune décharge contrôlée dans le gouvernorat du Kef. Il a toutefois annoncé qu’une étude est en cours pour la création d’une décharge commune entre les gouvernorats du Kef et de Siliana.
Le site a été choisi en coordination avec les autorités régionales, et l’étude, lancée il y a un an, a atteint un taux d’avancement de 90 % pour les volets géotechnique, topographique et hydraulique. L’étude de faisabilité technique progresse quant à elle à hauteur de 70 %.
Un appel aux députés pour vaincre le syndrome « Nimby »
Habib Abid a lancé un appel aux parlementaires pour les aider à surmonter le principal obstacle à la réalisation de ces projets : le refus citoyen. « Les gens ne veulent pas de poubelles devant leurs maisons, alors imaginez leur réaction face aux centres de transfert de déchets », a-t-il déclaré, soulignant que cette opposition constitue un frein majeur à la concrétisation des infrastructures nécessaires.
Le ministre a ainsi invité les députés à sensibiliser leurs électeurs et à faciliter l’acceptation sociale de ces équipements indispensables à une gestion durable des déchets.