Flambée du pétrole : les frappes contre l’Iran propulsent le baril au-dessus de 80 dollars
Les marchés pétroliers ont ouvert en forte hausse lundi, dans un contexte de vives tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le baril de Brent a brièvement dépassé la barre des 80 dollars, porté par les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui alimentent les craintes de perturbations majeures de l’approvisionnement mondial.
À l’ouverture, le Brent s’est envolé de 13 % avant de réduire partiellement ses gains. Le WTI enregistrait lui aussi une progression marquée. Les investisseurs redoutent notamment une escalade autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole.
Des attaques visant des navires au large des Émirats arabes unis et d’Oman ont accentué les tensions. L’Organisation maritime internationale a appelé les armateurs à éviter la zone, provoquant une suspension de facto d’une partie du trafic maritime et une flambée des primes d’assurance.
Selon plusieurs analystes, une interruption prolongée des flux via Ormuz ou des attaques ciblant des infrastructures pétrolières pourraient propulser le baril vers les 100 dollars, un niveau observé au début de la guerre en Ukraine. Et ce, malgré l’augmentation des quotas de production décidée par l’OPEP+. Les experts estiment que la montée des primes de risque, les détours logistiques imposés aux navires et une baisse effective de l’offre – évaluée entre 8 et 10 millions de barils – pourraient maintenir les prix durablement à un niveau élevé.
Parmi les dix premiers producteurs mondiaux, l’Iran occupe une place stratégique, notamment pour la Chine, fortement dépendante de son brut. Une perturbation prolongée des exportations iraniennes affecterait en priorité les marchés asiatiques. Dans ce contexte, la Russie pourrait tirer parti de la situation en réorientant davantage ses exportations vers l’Inde et la Chine.
Aux États-Unis, la flambée des prix du pétrole et du gaz constitue également un enjeu politique pour le président Donald Trump. La hausse des carburants, particulièrement sensible pour les ménages américains, pourrait peser sur le climat politique à l’approche des élections de mi-mandat.
Gnetnews