Hamouda Ben Slama revient sur les origines d’Ennahdha, 38 ans après sa fondation

08-06-2019

L’ancien ministre, Hamouda Ben Slama, a retracé ce samedi 08 juin le parcours du parti de la tendance islamique الإتجاه الإسلامي, créé le 31 Mai 1981, devenu Ennahdha, un parti légalisé dans la foulée de la révolution, après trente ans de clandestinité.

Ben Slama a par ailleurs évoqué le climat politique d’alors, la fondation du MDS par Ahmed Mestiri, et « le célèbre discours » de Bourguiba d’Avril 1981 où il a ouvert la voie au pluralisme, en affirmant qu’ »il ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’il y ait d’autres partis ».

Intervenu à une conférence politique organisée par le mouvement, à l’occasion du 38ème anniversaire de sa fondation, Ben Slama a indiqué qu’ »Ennahdha s’était inscrit dès le début des années 80 dans les activités déclarées de l’opposition, en s’en tenant aux règles de démocratie, de droits de l’homme, de libertés et de pluralisme ».

« La démarche de ceux qui ont fondé le parti était saine, moderne et contemporaine et point obscurantiste », a-t-il souligné.

Le mouvement de la tendance islamique s’en était tenu « aux règles du jeu démocratique, qui induisent la non allégeance à l’étranger, le rejet de la violence, et l’attachement à l’Etat civil et au régime républicain », a-t-il ajouté.

Il a rappelé que « les nahdhaouis sont passés des (prisons) 09 Avril, Borj Erroumi…, à la Kasbah, au Bardo, et peut-être demain Carthage », les pressant à améliorer leur prestation à un niveau « digne de leur militantisme ».

« Etant totalement ou partiellement au pouvoir depuis 2012, plusieurs milieux font assumer au mouvement la mauvaise prestation gouvernementale plus qu’il en faut », a-t-il estimé, formulant la crainte qu’Ennahdha assume la plus grande partie de l’insatisfaction populaire.

Ben Slama a déploré « la faiblesse du discours politique », et « le fossé » qui ne cesse de se creuser entre les partis et la population, mettant en garde contre les discours populistes qui fleurissent sur les douleurs et la misère des gens.

Il a exprimé la crainte que la situation ne se détériore davantage, signalant que la transition démocratique continuera à achopper tant que la justice transitionnelle reste bloquée, car seul ce dispositif est en mesure de donner lieu à la réconciliation.

Gnet

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