Impasse sur le détroit d’Ormuz : Trump dément toute discussion, Téhéran maintient la fermeture
Le président américain Donald Trump a affirmé, ce mardi, qu’aucune discussion n’était actuellement en cours avec l’Iran, allant jusqu’à écrire sur son réseau Truth Social que le détroit d’Ormuz est ouvert et fonctionnel, toutes les mines marines ayant été enlevées ou déclenchées. Une déclaration surprenante, alors que l’émissaire américain Jared Kushner avait pourtant évoqué, la veille, des échanges qualifiés de très positifs avec Téhéran.
Selon une source américaine citée par l’AFP, ces discussions auraient en réalité été suspendues, le président américain ayant demandé à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que l’Iran ne se rapprocherait pas des positions de Washington. Or, à ce stade, les autorités iraniennes n’ont guère envoyé de signaux allant dans ce sens.
Téhéran maintient son verrou sur le détroit stratégique
De son côté, le négociateur en chef iranien et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé, dans un discours diffusé à la télévision d’État, que le détroit d’Ormuz ne serait pas ouvert tant que les engagements américains prévus par le protocole d’accord de juin ne seraient pas mis en œuvre. Ce protocole prévoyait notamment la levée du blocus américain sur les ports iraniens, la fin des sanctions visant le secteur pétrolier, la libération des avoirs iraniens gelés à l’étranger, ainsi que l’arrêt des menaces et opérations militaires sur l’ensemble des fronts.
Ces positions contradictoires illustrent l’impasse persistante dans laquelle se trouve le conflit, près de huit mois après son déclenchement. Si les hostilités ont globalement diminué depuis les premières semaines de frappes israélo-américaines et de répliques iraniennes, la tension reste vive dans la région.
Les Émirats arabes unis accusent l’Iran de tirs de missiles
Dans ce climat tendu, les Émirats arabes unis ont accusé, mardi, l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques en direction de leur territoire — des projectiles finalement tombés en mer, marquant la première attaque détectée contre le pays du Golfe depuis plusieurs mois. Abou Dhabi a par ailleurs annoncé la suspension de l’ensemble de ses échanges commerciaux et transactions financières avec Téhéran.
Un rôle de médiation pour le Qatar et Oman
Le Qatar, qui figure parmi les médiateurs entre Washington et Téhéran, a de son côté indiqué qu’un accord entre l’Iran et Oman concernant la gestion du détroit d’Ormuz pourrait faciliter la reprise des négociations en vue de mettre fin au conflit. Les deux pays riverains négocient en effet depuis plusieurs semaines les modalités de gestion future de cette voie maritime stratégique, l’Iran ayant fait savoir que les coordonnées géographiques du tracé envisagé avaient été validées entre les deux parties. Téhéran, qui continue de cibler les navires tentant de franchir le détroit sans autorisation préalable, souhaite imposer des frais de navigation aux bâtiments en transit — une exigence fermement rejetée par les États-Unis et plusieurs pays de la région.