Interview : Le plan de Ridha Jeddi pour refonder le football tunisien
Afin de redresser un football national aux limites techniques avérées et souffrant d’un championnat affaibli, le directeur technique de la FTF préconise une restructuration ambitieuse. Entre réduction de l’élite à 14 clubs, intégration obligatoire des jeunes et renforcement du suivi mental, son projet prône un retour aux valeurs de discipline tactique et de détermination défensive.
Réduction de l’élite à 14 clubs
Une des principales idées du programme du directeur technique national est de baisser le nombre des clubs en Ligue 1, comme ça a été le cas dans les années 1990. Il nous explique : « De mon point de vue, il devient indispensable de revoir le format de notre championnat national en réduisant le nombre de clubs au sein de la Ligue 1 à quatorze équipes. Cette restructuration fondamentale vise principalement à hausser le niveau global de la compétition, à intensifier la concurrence chaque week-end et à garantir un rythme de jeu plus soutenu tout au long de la saison. »
L’obligation des jeunes talents de moins de 20 ans
Pour Ridha Jeddi, il est indispensable, dans le football moderne, d’intégrer les joueurs avec les séniors tant qu’ils font partie de la catégorie U20 : « Si nous voulons assurer la relève et renouveler le vivier du football tunisien, nous devons imposer une règle stricte : chaque équipe de Ligue 1 devra obligatoirement aligner au moins un joueur de moins de 20 ans au coup d’envoi. C’est le seul moyen concret de forcer les clubs à investir réellement dans la formation et d’offrir une vraie chance aux jeunes talents de s’imposer chez les professionnels. »
L’accompagnement mental et le sentiment d’appartenance
Le football se passe aussi dans la tête. Mieux encore. Pour Jeddi, si le mental n’est pas au point, il est difficile de réussir. Explication : « L’aspect psychologique et le suivi mental constituent une composante essentielle de la haute performance dans le football moderne, et c’est un axe majeur de notre projet technique. Nous allons mettre l’accent sur cet accompagnement pour nos sélectionnées, mais aussi travailler profondément sur le sentiment d’appartenance et la fierté d’arborer le maillot de l’équipe nationale. »
Les limites dans l’élaboration du jeu
Le directeur technique rapppelle ensuite les spécificités de chaque nation et insiste sur le fait que chacune d’elle a sa propre manière de faire du football. Le maitre mot est le pragmatisme et le réalisme : « Il faut faire preuve de lucidité quant au profil de nos joueurs et au style de notre football : aujourd’hui, nous n’avons pas la capacité tactique ou technique de faire le jeu et d’imposer notre rythme face aux grandes nations. Nous devons accepter cette réalité matérielle pour adapter notre stratégie au lieu de chercher à copier des modèles qui ne correspondent pas à nos caractéristiques actuelles. »
Le niveau des joueurs et la faiblesse du championnat
Qui du championnat et du niveau global ? Jeddi prononce la vérité qui fait mal : « Le constat est clair : une grande partie de nos internationaux évoluent dans des clubs de seconde zone à l’étranger, tandis que notre championnat local manque cruellement de compétitivité et d’intensité. Ce manque de confrontation au très haut niveau au quotidien limite naturellement la marge de progression de notre effectif et impacte les performances collectives. »
Une identité fondée sur la grinta et la discipline
Et la parade face aux défaillances technico-tactiques ? Ridha Jeddi va droit au but : « Face à nos limites techniques et à la réalité de notre niveau, notre force réside et doit résider dans nos valeurs de combat : la détermination, la rigueur tactique et un bloc défensif inébranlable. C’est uniquement par l’esprit de sacrifice, la discipline collective et une organisation défensive irréprochable que nous pourrons rivaliser et obtenir des résultats face aux meilleures équipes. »