Irak : Le Premier ministre désigné jette l’éponge, le président doit nommer un autre candidat

02-03-2020

AFP – Le Premier ministre désigné en Irak Mohammed Allawi a renoncé dimanche à former un gouvernement, plongeant un peu plus encore dans l’onconnu un pays en crise, et alors que de nouvelles roquettes s’abattaient près de l’ambassade américaine à Bagdad.

Avec le départ de M. Allawi, le président de la République, Barham Saleh, a désormais 15 jours pour proposer un candidat pour former le futur gouvernement. Il va le choisir seul, sans cette fois demander l’avis des grands blocs parlementaires comme l’y obligeait la Constitution lors de la désignation de M. Allawi.

Lorsqu’Adel Abdel Mahdi a démissionné en décembre, l’Irak a plongé dans le flou juridique. La Constitution ne prévoit pas l’option d’une démission du Premier ministre et cela n’était jamais arrivé.

L’échec du candidat désigné par un consensus entre partis à obtenir la confiance du Parlement –qui par deux fois n’est pas parvenu à réunir le quorum– est également sans précédent.

Il n’est donc pas clair quelle procédure sera appliquée et sous quel délai, tant les députés sont jusqu’ici parvenus à jouer la montre et à trouver des parades pour contourner les délais constitutionnels.

Dimanche, pour la troisième fois en une semaine, ils ont repoussé l’échéance du vote de confiance d’un gouvernement censé renouveler un système politique jugé corrompu et incompétent par des milliers d’Irakiens dans les rues depuis cinq mois.

Seuls 108 députés sur 329 se sont présentés à la séance extraordinaire convoquée en pleines vacances parlementaires à l’Assemblée, située dans la Zone verte de Bagdad.

M. Allawi, deux fois ministre ces dernières années, ne satisfaisait pas la rue même s’il avait promis un cabinet « historique », composé uniquement de ministres non partisans et compétents.

De nombreux manifestants réclament qu’un des leurs, Alaa al-Rikaby, un pharmacien d’une quarantaine d’années résidant à Nassiriya, ville à la pointe de la contestation dans le sud, devienne Premier ministre.

Le démissionnaire Abdel Mahdi, lui, a déjà prévenu qu’il quitterait ses fonctions quoi qu’il arrive lundi. Il ne serait, a-t-il redit dimanche, « ni juste ni adéquat » de conserver son poste au-delà de la date-butoir du 2 mars.

Quelques minutes après l’annonce de M. Allawi lors d’une allocution télévisée qu’il renonçait à former un gouvernement, M. Saleh a annoncé « travailler à choisir un candidat de remplacement ». Selon plusieurs sources politiques, il a déjà depuis des semaines arrêté son choix: il veut très probablement nommer le chef du renseignement Moustafa al-Kazimi.

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