Iran : Plus de 50 morts dans une bousculade lors des funérailles de Souleimani

07-01-2020

AFP – Une bousculade a fait mardi plus de 50 morts lors des funérailles du général iranien Qassem Soleimani dans le sud-est de l’Iran où une foule réclamait vengeance aux cris de « Mort à l’Amérique », pendant l’hommage au militaire tué en Irak par une frappe américaine.

En raison de la foule, « 230 personnes ont été blessées et plus de 50 autres ont perdu la vie » a déclaré sur la télévision d’Etat Pir Hossein Koulivand, chef du service national des urgences iraniens, dans un dernier bilan.

Le directeur de l’hôpital Bahonar, dans le centre-ville, a indiqué avoir reçu 13 corps. Une famille en deuil attendait dans le hall, où une liste des noms des victimes reçues par l’établissement était affichée.

Le centre de Kerman, ville natale du général qui doit y être enterré mardi, était envahi par une marée humaine semblable à celles ayant déferlé dimanche et lundi à Téhéran et dans les autres villes où les cercueils de Soleimani et de ses compagnons d’armes tués avec lui ont transité pour un hommage populaire.

Chef de la Force Qods, unité d’élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution (l’armée idéologique iranienne), Soleimani était l’architecte de la stratégie de l’Iran au Moyen-Orient.

Il a été tué vendredi par une frappe de drone américain devant l’aéroport de Bagdad.

Le processus d' »expulsion des Etats-Unis de la région a commencé », a lancé à la foule de Kerman le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution.

« Nous allons nous venger (…) S’ils (frappent de nouveau) nous mettrons le feu à ce qu’ils adorent », a-t-il dit sur un ton énigmatique. « Eux-mêmes savent bien de quels lieux je parle ».

Le Parlement iranien a pour sa part adopté mardi en urgence une loi classant toutes les forces armées américaines comme « terroristes » après l’assassinat de Soleimani.

Il a pour ce faire amendé une loi récente qui déclarait « terroristes » les forces américaines déployées de la Corne de l’Afrique à l’Asie centrale en passant par le Moyen-Orient. La dénomination est désormais étendue à l’ensemble des forces américaines, aux responsables de l’assassinat de Soleimani et à toute personne physique ou morale impliquée dans sa mort.

« Le martyr Qassem Soleimani est plus puissant et vivant maintenant qu’il est mort », et « plus dangereux pour l’ennemi », a assuré le chef des Gardiens devant les cercueils du général et de son bras droit, le général de brigade Hossein Pourjafari, exposés parmi des gerbes de fleurs sur la place Azadi de Kerman.

Elevé à titre posthume au grade de général de corps d’armée, inusité depuis des années en Iran, Soleimani est largement considéré dans son pays comme un héros pour le combat qu’il a mené contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Cela a permis, aux yeux des Iraniens, à leur nation multiethnique d’éviter la désintégration qu’ont connue à ses portes, l’Irak, la Syrie ou l’Afghanistan.

A Kerman, les Iranients ont attendu toute la nuit sur les lieux pour assister aux funérailles.

Soleimani « était aimé non pas simplement à Kerman ou en Iran, mais dans le monde entier », assure à l’AFP Hemmat Dehghan.

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