Iran – États-Unis : entre volte-face de Trump et démenti de Téhéran, les marchés restent en suspens
Le président américain a annoncé lundi le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, évoquant des discussions « productives » avec Téhéran. L’Iran a aussitôt démenti tout dialogue, accusant Washington de manipulation.
La journée de lundi a été marquée par une séquence de déclarations contradictoires entre Washington et Téhéran, semant la confusion sur les marchés financiers et pétroliers mondiaux.
L’annonce de Trump et la réaction des marchés
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé avoir ordonné au Pentagone de reporter pour cinq jours toutes les frappes militaires prévues contre les centrales électriques et infrastructures énergétiques iraniennes, à la suite d’échanges qu’il a qualifiés de « très bons et productifs » avec l’Iran au cours des quarante-huit heures précédentes. Lors d’une interview accordée à Fox Business, il a précisé que des discussions bilatérales s’étaient tenues dimanche soir et que Téhéran souhaitait parvenir à un accord « dans les cinq jours, voire moins ».
La réaction des marchés a été immédiate et spectaculaire. Le prix du baril de Brent est brièvement repassé sous le seuil des 100 dollars, avant de se stabiliser aux alentours de 103 dollars. À Paris, le CAC 40, qui perdait plus de 2% en début de séance, a bondi de 2,6% avant de se stabiliser autour de 1% de hausse.
Le démenti iranien
Téhéran a coupé court à tout optimisme. Le ministère iranien des Affaires étrangères a formellement démenti l’existence de tout dialogue avec Washington. « Il n’existe aucun dialogue entre Téhéran et Washington », a rapporté l’agence Mehr, tandis que l’agence Fars, citant une source iranienne, a précisé qu’il n’existe « aucune communication directe ni avec le moindre intermédiaire » entre les deux pays. Les médias officiels iraniens ont accusé Trump de chercher à faire baisser les prix de l’énergie et à « gagner du temps » face à des marchés fébriles.
Le détroit d’Ormuz, pomme de discorde
Ce bras de fer verbal intervient après que Trump avait fixé samedi soir un ultimatum de quarante-huit heures à l’Iran pour rouvrir « pleinement et sans menaces » le détroit d’Ormuz, menaçant d’anéantir les centrales électriques iraniennes en cas de refus. Les Gardiens de la Révolution ont répliqué qu’ils cibleraient les centrales électriques israéliennes et celles alimentant les bases américaines dans le Golfe si cette menace venait à être mise à exécution. Un responsable iranien cité par l’agence Tasnim a averti que le détroit ne retrouverait pas sa situation d’avant-guerre tant que « la guerre psychologique continue ».
La communauté internationale reste suspendue à l’évolution de cette confrontation verbale, dont les répercussions économiques et énergétiques se font déjà sentir à l’échelle mondiale.