Kaïs Saïed évoque le projet de loi de finances 2027 et dénonce des « agissements criminels » derrière les coupures d’eau et d’électricité de l’été
Le président de la République, Kaïs Saïed, a évoqué, lors d’une audience accordée hier, mardi 15 septembre, au palais de Carthage, à la cheffe du gouvernement Sarah Zaâfrani Zenzri et au ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, l’élaboration du projet de loi de finances pour l’année prochaine.
Le chef de l’État a notamment insisté sur la nécessité que les orientations retenues dans ce projet s’inscrivent dans le cadre du Plan quinquennal déjà adopté, de manière à garantir l’équilibre régional recherché, la création d’emplois et la concrétisation effective de la dignité, dans le cadre de choix strictement nationaux.
Kaïs Saïed a par ailleurs souligné la nécessité d’éviter toute pression fiscale excessive et de faciliter la création d’entreprises, qu’il s’agisse de sociétés communautaires ou d’initiatives privées, pointant la multiplication des obstacles auxquels sont confrontés les porteurs de projets, ainsi que les nombreux cas où les citoyens se heurtent à des atermoiements ou à des formules devenues coutumières telles que « pris connaissance » ou « application des réglementations en vigueur ».
Le président de la République a insisté sur le fait qu’un responsable se doit d’assumer pleinement l’esprit de responsabilité et de don de soi sans limite, faute de quoi la nation n’a pas besoin de lui, les patries ne se construisant pas, selon lui, dans l’attentisme ou l’inquiétude, ni avec des mains tremblantes, mais avec l’esprit du combattant sur le front. Il a affirmé porter les espoirs du peuple tunisien et partager ses peines, ajoutant que leurs têtes ne s’inclineraient jamais, sinon devant Dieu.
Le chef de l’État est également revenu sur la lutte contre la corruption et les corrupteurs, ainsi que sur les tentatives d’exacerber les tensions jusque dans les services les plus élémentaires, évoquant ceux qui, selon lui, se drapent chaque jour d’une couleur différente, résidus d’un système que le peuple a fait chuter mais qui continue d’être agité par des rêves de retour en arrière, avant de se prétendre victimes. Il s’est interrogé sur le fait que ces voix hostiles et, selon ses termes, rémunérées n’aient jamais organisé de manifestations protégées par les forces de l’ordre, qui iraient jusqu’à distribuer des bouteilles d’eau à leurs participants.
Le président de la République a par ailleurs estimé que les coupures d’eau et d’électricité survenues cet été, dans un contexte de températures record, la coïncidence des pannes et de la dégradation des réseaux avec les coupures de courant et le déclenchement d’incendies — malgré des interventions continues 24 heures sur 24 — ne relevaient pas du hasard, mais s’apparentaient selon lui à un véritable acte criminel.
Il a affirmé que ces acteurs chercheraient à semer le désespoir et le découragement au sein du peuple, à la mesure de leur propre désespoir et de leur propre découragement, concluant en condamnant fermement ceux qui, selon lui, orchestrent et instrumentalisent ces manœuvres, ainsi que leurs relais.