La Tunisie continue à fonctionner avec deux chefs du gouvernement, face à l’hypothèse de législatives anticipées

01-02-2020

La Tunisie continue à fonctionner avec deux chefs du gouvernement, l’un expédie les affaires courantes, et l’autre est chargé de former le futur gouvernement, une période transitoire qui s’éternise, sur fond d’une volonté manifeste  de la faire prolonger davantage, avec la menace de législatives anticipées, agitée par Ennahdha.

Du fait d’une forte divergence avec Elyes Fakhfakh, sur la nature du futur gouvernement, Ennadha n’exclut pas, tantôt ouvertement, tantôt mezza voce, de retirer son soutien au futur gouvernement et de ne pas lui voter la confiance, ce qui mettra le pays devant une forte probabilité d’un scrutin anticipé, étant entendu qu’il serait difficile au gouvernement d’être entériné, sans les deux blocs majoritaires à l’Assemblée.

Ne faisant plus confiance aux trois partis qui sont d’ores et déjà alliés, le courant démocrate, le mouvement Echaâb et Tahya Tounes, Ennadha cherche à assurer ses arrières en réclamant une coalition gouvernementale élargie, et s’oppose farouchement à l’exclusion de Qalb Tounes.

Seul un gouvernement d’unité nationale est de nature à assurer sa durabilité et à instaurer la stabilité dans le pays, prônent les nahdhaouis, une demande à laquelle Elyes Fakhfakh oppose une fin de non-recevoir.

Le désigné a renvoyé poliment le parti de Nabil Karoui, et celui d’Abir Moussi dans l’opposition, pour ne pas être en phase, selon ses dires, « avec les aspirations et attentes des Tunisiens exprimées lors du 2ème tour de la présidentielle ».

Réunion ce samedi pour la validation du document contractuel
Fakhfakh qui réunit ce samedi 01er février, dans l’après-midi, à Dar Dhiaffa les dix partis concernés par les concertations et qu’il dit disposés à soutenir son prochain gouvernement, en vue d’entériner son document contractuel dévoilé hier lors d’une conférence de presse, minimise ce désaccord avec Ennahdha. Il évoque « une proposition et non une condition, se voulant rassurant que les différends peuvent être aplanis par la négociation, afin de passer la semaine prochaine aux concertations sur la formation d’un gouvernement restreint », comme il le préconise.

Entretemps, le chef du gouvernement d’expédition des affaires courantes, Youssef Chaheh, s’impatiente de pouvoir passer le pouvoir à son successeur. Il a pointé hier lors d’un conseil des ministres « l’inconscience de la classe politique des difficultés dans lesquelles travaille son gouvernement pendant ces quatre mois, depuis les élections ». « La situation nécessité la formation du gouvernement illico presto, et le recours à des élections anticipées est un scénario catastrophique pour la Tunisie », a-t-il mis en garde.

« Le pays ne supporte plus une période transitoire aussi longue », a lancé celui qui se prévaut de la plus longue longévité à la Kasbah depuis la révolution, dépêchant ses ministres ce samedi dans les 24 régions du pays, pour présider les conseils régionaux et suivre les projets de développement, dans le cadre de la continuité de l’Etat et des services rendus aux citoyens.

Gnetnews

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