La Tunisie manque d’hommes d’Etat (Béji Caïd Essebsi)

21-03-2019

Béji Caïd Essebsi a considéré que le pouvoir exécutif s’exerçait d’ores et déjà par une seule tête, en l’occurrence par le chef du gouvernement, en accord avec le mouvement Ennahdha, qualifiant "d’anticonstitutionnel", le fait de remanier le gouvernement, et de le présenter à l’Assemblée pour l’obtention du vote de confiance, sans passer par la présidence de la république.

Dans un long discours prononcé hier à Carthage, à l’occasion de la commémoration du 63ème anniversaire de l’indépendance, le président de la république a appelé à amender certains articles de la constitution, en soulignant que dans le cas où le chef de l’Etat n’exerçait plus le pouvoir exécutif, cela devrait être pris en considération à l’avenir. Il a appelé à s’en tenir à la loi fondamentale, "en cette année électorale, la dernière du quinquennat".

Le locataire de Carthage a critiqué l’action du gouvernement, et la dégradation des indicateurs économiques, prenant à témoin le gouverneur de la banque centrale.

Il a cité la hausse de l’inflation, l’ascension du taux d’endettement ayant atteint les 71.7 en 2018, ainsi que le creusement du déficit commercial et énergétique. L’évocation de ces indicateurs n’a pas pour but de marquer des points (contre le gouvernement) ou de faire assumer la responsabilité, s’est-il défendu, mais vise à les améliorer et à sortir le pays de l’ornière.

BCE a estimé que la Tunisie manque d’homme d’Etat, "dans un monde qui connait des mutations profondes et rapides". "La différence entre l’homme politique et l’homme d’Etat, est que le premier pense aux élections et le second aux générations futures et à l’avenir du pays", a-t-il souligné.

Le chef de l’Etat a prôné l’unité nationale, condition sine qua non pour que "la Tunisie puisse poursuivre son chemin".

Gnet

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