Le professeur tunisien Mohamed Jomni élu à la tête du Conseil d’administration de l’UNESCO IITE

20-08-2026

Le professeur universitaire Mohamed Jomni, directeur du Département des technologies de l’information et de la communication au sein de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO), vient d’accéder à la présidence du Conseil d’administration de l’Institut de l’UNESCO pour les technologies de l’information dans l’éducation (UNESCO IITE).

Cette élection s’est déroulée ce jeudi 20 août 2026 à Pékin, en marge de la 26e session du Conseil d’administration de l’Institut. Elle vient couronner le parcours et l’expertise du professeur Jomni dans le domaine des technologies numériques appliquées à l’éducation, ainsi que son engagement de longue date sur les questions liées à la transformation numérique des systèmes éducatifs.

Un institut pivot dans la numérisation mondiale de l’éducation

Rattaché au réseau des instituts spécialisés de l’UNESCO, cet organisme accompagne les États membres dans l’intégration des outils numériques et des technologies de l’information au sein de leurs systèmes éducatifs. Ses missions couvrent notamment le développement des compétences des enseignants et des décideurs, la promotion de l’innovation pédagogique, ainsi que l’accompagnement des pays dans leurs stratégies de transformation numérique — sans négliger les enjeux d’inclusion, d’équité et d’accès aux technologies, dans un contexte de numérisation accélérée du secteur éducatif.

Cette 26e session du Conseil d’administration a permis de faire le point sur les activités, les programmes et la situation financière de l’Institut, ainsi que sur ses orientations à venir. Les membres ont notamment échangé autour de la mise en œuvre de la stratégie à moyen terme de l’UNESCO IITE pour la période 2026-2029 — un exercice qui intervient dans un contexte de profondes transformations du secteur éducatif, sous l’effet conjugué de l’essor du numérique et du développement rapide de l’intelligence artificielle. Ces mutations ouvrent de nouvelles perspectives pédagogiques, mais soulèvent également des questions sensibles en matière d’éthique, d’équité, de protection des données, de formation des enseignants et de fracture numérique.

Une intelligence artificielle pensée comme un outil, non un substitut

Réagissant à son élection, le professeur Mohamed Jomni s’est dit honoré de la confiance placée en lui par les membres du Conseil, réaffirmant sa volonté de privilégier une démarche collaborative, en lien étroit avec le Conseil, la direction et les équipes de l’Institut, mais aussi avec le siège de l’UNESCO, les États membres et les différents partenaires.

Le nouveau président entend contribuer à renforcer la visibilité et l’influence de l’Institut sur la scène internationale, tout en consolidant son rôle d’accompagnement des systèmes éducatifs face aux mutations technologiques. Il a notamment insisté sur la nécessité, pour l’UNESCO IITE, de s’affirmer comme un centre mondial de référence en matière de transformation numérique et d’intelligence artificielle appliquées à l’éducation — dans le respect des principes défendus par l’UNESCO : une utilisation humaine, éthique, responsable, inclusive et équitable des technologies.

Il a par ailleurs souligné que l’intelligence artificielle ne devait en aucun cas se substituer à l’enseignant, mais plutôt venir renforcer ses capacités et élargir les possibilités offertes aux apprenants. L’enjeu, selon lui, consiste à faire du numérique un véritable levier d’amélioration de la qualité éducative, plutôt qu’un facteur supplémentaire d’inégalités.

Réduire les inégalités numériques dans l’éducation

Dans cette perspective, le nouveau président du Conseil a plaidé pour que les innovations numériques servent à renforcer l’équité et l’inclusion, plutôt que d’aggraver les écarts déjà existants entre pays, régions et catégories sociales. Il a défendu le principe selon lequel la transformation numérique de l’éducation ne doit laisser aucun pays, aucune communauté ni aucun apprenant de côté — une attention particulière devant être accordée aux pays en développement, à l’Afrique, au monde arabe ainsi qu’aux petits États insulaires, confrontés à des contraintes spécifiques en matière d’infrastructures, d’accès aux équipements, de formation et de ressources humaines.

L’élection du professeur Jomni intervient à un moment charnière pour l’UNESCO IITE. Alors que l’intelligence artificielle générative et les nouvelles technologies redessinent progressivement les méthodes d’enseignement, les programmes scolaires et les compétences attendues, l’enjeu ne se limite plus à l’accès au numérique, mais porte désormais sur son usage pertinent, responsable et équitable.

À la tête du Conseil d’administration pour ce nouveau mandat, le professeur Jomni aura pour mission d’accompagner la mise en œuvre de la stratégie 2026-2029 de l’Institut, et de contribuer à faire de la transformation numérique un outil au service d’une éducation plus inclusive, plus innovante et accessible à tous.