Le projet «Shabab», pour sauver une jeunesse en rupture sociale

16-04-2019

Le projet « Shabab » (jeunes), a été lancé le mardi 16 avril 2019 à Tunis, pour financer 20 micro-projets dans 4 centres d’encadrement social (Douar Hicher, Naassen, Borj El Amri et Manouba), a annoncé Dhouha Jourchi, directrice exécutive de l’association « Ado-plus ».

« Ce projet mené en partenariat avec le ministère des affaires sociales, l’Agence Française de Développement, et l’association santé sud, a pour objectif de renforcer le rôle de la société civile, dans la création des alternatives pour et avec les jeunes en risque de rupture sociale et en voie de radicalisation. »

Le centre social d’observation de la Manouba accueille 171 mineurs en 2018, soit 159 garçons et 12 filles en conflit avec la loi, âgés de moins de 18 ans, issus de plusieurs gouvernorats, a dit la psychologue clinicienne au centre. Ils sont issus des gouvernorats de Tunis, de la Manouba et de l’Ariana, avec une prédominance des garçons, ce qui montre que le taux de criminalité est élevé chez la gent masculine.

Les délits les plus commis sont les agressions physiques, viols, vols (70 garçons et 7 filles), agression sur mineur surtout par les garçons (29 garçons agresseurs contre 2 filles), le port d’arme blanche avec ou sans l’intention de nuire à autrui (9 garçons), l’appartenance à des réseaux de prostitution (1 fille), consommation de drogue (18 garçons) et fugue du domicile familiale (5 filles).

Selon les statistiques de l’année 2018, ces enfants sont, en majorité, déscolarisés à l’âge de 11-12 ans, notamment les filles, issues des milieux défavorisés. L’abandon scolaire est un phénomène qui frappe grandement les jeunes, avec 100 000 élèves quittent l’école chaque année, selon l’UNESCO.

Ces conduites déviantes sont liées à un environnement familial déséquilibré ; (parents divorcés, familles monoparentales, pauvreté ou familles nombreuses), et semblent corrélés à la délinquance juvénile.

D’autres facteurs entrent en ligne de compte, à savoir les parents démissionnaires, les divergences de pratiques éducatives entre les deux parents, l’échec scolaire et le manque d’encadrement, outre les difficultés au niveau de l’insertion dans la formation professionnelle, où seuls les enfants de 16 ans, ayant un niveau minimum de neuvième année, sont admis.

« Le dépistage des troubles psychiatres liés à des antécédents familiaux ou à des troubles isolés, la désorganisation sociale, le crime, les gangs, le logement rudimentaire et l’infrastructure urbaine précaire, l’accès à la drogue et l’alcool, favorisent la violence également. La présence d’adulte criminel dans le quartier encourage aussi la délinquance. »

« Malgré l’efficacité de certaines mesures, comme la prise en charge de l’Etat, les aides en espèce et en nature, la gratuité des soins, les indemnités mensuelles pour les familles nécessiteuses, et leur intégration professionnelle, les défaillances de ces stratégies de prévention, persistent… »

La psychiatre a déploré le manque des qualifiés dans la spécialité pédopsychiatrie, la coopération avec les associations est quasi absente, les durées de prise en charge sont courtes, l’appui interministériel est absent, d’où le risque de récidive, surtout avec le manque de l’interaction de l’enfant avec son environnement, et le manque rigueur de sa famille pour s’investir dans son encadrement…

Emna Bhira

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun