Les métiers de l’image, la nécessaire réforme d’un secteur précaire !

02-05-2019

«Plusieurs réformes juridiques dédiées au secteur culturel, ont vu le jour depuis l’année 2011 » a rappelé le Senior consultant à ADVI Consulting, Mohamed Madhkour.

Intervenu au forum sur les « Métiers de l’Image », organisé le mardi 30 Avril 2019 à la Cité de la Culture par le Bureau international de travail, l’intervenant a évoqué la loi sur le mécénat culturel, celle sur l’organisation et la création des entreprises privées dans certaines activités culturelles, l’installation du débat sur les droits d’auteur et le statut d’artiste, la révision des modalités de subvention et d’encouragement à la production cinématographique.

Des projets de réforme qui restent inachevés ; aucune loi n’a été quasiment mise en œuvre jusqu’à maintenant, ce qui a empêché de créer un écosystème entrepreneurial valorisant, pour le secteur culturel tunisien.

Entre temps, les médias proposent aux techniciens de l’audiovisuel des contrats intermittents, qui n’offrent aucune stabilité aux travailleurs ; la médiathèque de la cité de culture n’oblige pas les cinéastes à déposer une copie de leurs créations cinématographiques afin de créer un patrimoine visuel national, comme le fait le CNC par exemple, comme il n’existe aucun programme de suivi des subventions de l’Etat pour les projets artistiques…

En revanche, la création du CNCI (centre national du cinéma et de l’image), « a contribué à renforcer la production cinématographique, pour atteindre une dizaine de longs métrages par an, depuis l’année 2011, ce qui était peu concevable auparavant ».

Les films tunisiens, ont atteint « le 1 million d’entrées par an, sachant que le budget de la MAC, pour l’appui à la production cinématographique s’élève à 4 millions annuels, contre 2 millions de dinars pour les autres arts, dont 0.2 millions de dinars pour les arts plastiques, et la photographie ».

En commentant la chaîne de valeur de l’image en Tunisie, le consultant à ADVI, a indiqué qu’en 2017, il existe plus de
10 000 étudiants en art, et plus de 30 000 en sciences de l’information.

Dans ce contexte, le représentant de l’EDJEF, David Anderson, a rappelé que les métiers de l’image constituent un domaine prometteur, à travers lequel, la fondation vise à réduire la vulnérabilité des femmes et des jeunes, y compris les personnes handicapées dans ce marché de travail.

« Les indicateurs cibles consistent à améliorer les services de 4 BETI (bureaux d’emploi et de travail indépendant), à procurer à 30 000 demandeurs d’emploi un accès à de meilleurs services de l’emploi, permettre l’intégration professionnelle de 1000 jeunes dont 50% seront des femmes, et augmenter le ratio d’accueil des jeunes en abandon scolaire, dans les centres de formation professionnelle ».

Il a révélé aussi que, la plupart des diplômés en art, travaillaient dans le secteur informel, en tant que free-lance. Il a déploré cette situation, citant les avantages d’avoir un statut d’entreprise individuelle ou SUARL, comme l’accès à une couverture sociale de santé et de retraite, la possibilité de la récupération de la TVA, l’amélioration de la communication et de l’accès aux appels d’offre…

Par ailleurs, l’EDJEF propose un projet d’accompagnement et de formation à l’entreprenariat qui va durer 3 ans. Il sera réparti sur 4 gouvernorats (Tunis, Manouba, Zaghouan, Kairouan), dont les financements s’élèvent à 3 millions de dollars, offerts par la Norvège, pour encourager l’investissement dans le tourisme alternatif, l’artisanat lié à l’habillement, et les métiers de l’image.

Pour avoir accès à ce programme, il y aura un processus de sélection et d’accompagnement, a-t-il dit. Il suffit de remplir la fiche EDJEF, disponible dans les BETI (bureaux d’emploi et de travail indépendant), et à l’ONA (officie national de l’artisanat). Ensuite, il est conseillé de suivre un parcours de formation adapté et personnalisé selon un panel de sélection des projets.

«Le programme proposé par l’EDJEF donne l’opportunité aux jeunes, de créer leurs propres microentreprises avec un statut adapté. L’organisation contribue à l’achat de l’équipement nécessaire par l’intermédiaire d’une institution de micro-crédit, qui suivra et accompagnera la réalisation des projets ».

«D’ici 2020, l’EJDF souhaite réduire considérablement la proportion des jeunes, non scolarisés, sans emploi, ni formation. Ce qu’il convient de faire, c’est d’élaborer des stratégies visant à promouvoir l’emploi des jeunes qui allient une stratégie intégrée en faveur de la croissance et de la création d’emplois et des interventions ciblées ».

Notre stratégie s’appuie sur le développement et la stimulation de la croissance des PME qui favorisent, des activités productives, la créativité et l’innovation. L’objectif est de résorber le décalage des compétences, en veillant à ce que les programmes de formation répondent aux besoins du marché du travail, conclut-il.

La culture contribue sept fois plus au PIB que l’industrie automobile dans le monde, et en tenant compte de tous ces indices, l’Etat et la société civile doivent prendre conscience de l’importance de la promotion de l’entrepreneuriat dans les métiers de l’image, car c’est un secteur d’avenir qui pourra contribuer à l’économie nationale, à condition qu’il soit réformé.

Emna Bhira

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun