Les répercussions des évolutions régionales sur la Tunisie en débat à l’IACE

28-06-2019

« La Tunisie et les pays voisins : stabilité et convergence », tel est l’intitulé de la 7ème édition de Tunis Forum organisé cette semaine par l’IACE, à la Maison de l’entreprise, au cours duquel un état des lieux du climat politique dans la région, et ses répercussions sur la Tunisie a été fait.

Trois sessions étaient au programme de ce forum. Le premier panel portant sur la stabilité politique, a débattu les répercussions des questions sécuritaires sur le développement de l’économie illicite, et la contrebande, et leurs conséquences sur la santé.

Le deuxième panel a planché sur le manque de vision des gouvernements. Quant à la troisième session, elle s’est attardée sur les conséquences du blanchiment d’argent, sur le système bancaire et financier de la Tunisie auprès des instances internationales. Le troisième panel a traité la question de « la stabilité monétaire ».
La Tunisie et les pays voisins : stabilité et convergences

« Quelles répercussions auront sur la Tunisie, les situations actuelles d’une Libye au bord de la guerre civile, et d’une Algérie à la recherche d’un nouveau modèle de gouvernance, et dont le peuple a chèrement acquis son indépendance » ?

Dans ce contexte, le président de l’IACE, Taieb Bayahi, a parlé « d’une Europe et d’une Amérique lassées face à leurs propres contradictions : après avoir applaudi voire provoqué les révolutions, elles craignent désormais les conséquences de ces changements »,

Selon lui, les mouvements d’immigration entraînés sont les premiers effets politiques dévastateurs de ces soulèvements sociaux, en plus de la montée des régimes populistes ».

« La situation et l’avenir de la Libye et de l’Algérie, sont bien les nôtres. Réunis ensemble, ils représentent nos premiers partenaires économiques, après l’Europe », a répliqué Bayahi.

Appel à la réactivation des accords commerciaux tuniso-libyens
Le président du conseil libyen des Hommes d’affaire, Bechir Trabelsi, a appelé à « la réactivation urgente des accords commerciaux entre les deux pays dans lesquels il était convenu que la Tunisie aura la priorité pour les importations libyennes en produits manufacturés, et la Lybie s’engagera à fournir à la Tunisie des produits énergétiques ».

« L’essentiel est d’impulser les relations commerciales, et de retrouver le rythme d’antan, des échanges commerciaux entre les deux pays, qui se sont détériorés à cause de l’état sécuritaire en Libye », a-t-il souligné.

« La réactivation des accords semble le seul moyen, qui aidera à réduire le commerce parallèle et la contrebande, dans les régions frontalières », a-t-il indiqué.

« La plupart des libyens ne regrettent pas la révolution, a-t-il dit, signalant que les quarante années passées ne reflètent pas le potentiel d’un pays riche de ses ressources naturelles, comme la Libye. Depuis le conflit tchado-libyen (1978), jusqu’à nos jours, l’économie libyenne a vécu plusieurs phases économiques paradoxales ».

« Ceci est dû au système socialiste qu’a pu installer Kadhafi, dont les politiques ne s’appuyaient sur aucune base de ce courant idéologique et économique… »

Le président du conseil a déploré la situation actuelle en Libye en révélant que « seulement deux institutions publiques sont demeurées fonctionnelles après la révolution, soit la banque centrale et la production pétrolière libyenne ».

« En revanche, la société générale de l’électricité et le service des ports et du transport maritime, peinent à reprendre leur activité convenablement, a-t-il révélé. « Ce problème revient, à la non existence d’une réelle armée ou d’une garde nationale efficiente durant quarante ans. »

La reconstruction des différents piliers de l’Etat, prendra du temps. « Cependant les hommes d’affaire libyens gardent de bonnes relations économiques surtout avec les investisseurs d’Orient », a-t-il expliqué.
« Nous tirons notre force de cette solidarité pour rebondir », conclut-il.

Réussir la phase transitoire en Algérie
« Les mouvements d’indignation qu’a vécus l’Algérie durant le printemps 2019, ne visaient pas le départ du président Bouteflika uniquement. C’était la manière de gouverner que les Algériens voudraient changer », a souligné l’ancien député algérien, de l’assemblée populaire nationale, Mostefa Bouchachi.

« A cause du système despotique de Bouteflika, 10 000 médecins spécialistes algériens, ont quitté le pays pour travailler en Europe, et les milliers d’ingénieurs et professeurs universitaires, sont allés travailler aux Etats Unis, et au Canada ».

En évoquant les conséquences de la dictature, l’ancien député a parlé non seulement de la fuite des cerveaux, mais aussi des milliers de jeunes et des familles ont choisi l’immigration clandestine à travers la mer, s’exposant à une mort imminente ». Il a expliqué que, « tous ces citoyens, sont partis en quête d’une vie digne, à la recherche du sentiment de sécurité et de liberté, et pour être aussi sous la protection de la constitution ».

« En ce moment, on n’a qu’à réussir une phase transitoire pacifique, ce qui favorisera la paix dans toute la région, et sera un succès pour les pays voisins, notamment pour l’économie de la Tunisie, Libye et le Maroc ».

« Notre objectif actuel est de privilégier les échanges commerciaux avec les pays voisins, au lieu de subir la pression des pays du nord. La démocratie, permettra enfin à l’Algérie, d’avoir la liberté de choisir ses partenaires ».

Emna Bhira

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