L’UMA en quête de bailleurs de fonds pour le train Trans-maghrebin

27-03-2019

L’Union du Maghreb Arabe (UMA) a organisé ce mercredi 27 mars 2019, à l’occasion de son 30ème anniversaire une table ronde, autour du projet de «réhabilitation et de modernisation de la ligne de chemin de fer Trans-Maghrébine».

Il s’agit du projet de construction d’une liaison ferroviaire Trans-Maghrébine entre Casablanca, Alger et Tunis, proposé par le conseil des ministres en charge des transports, dont l’objectif est d’instituer une union économique maghrébine, entre les Etats membres, et de faciliter la circulation des biens et des personnes.

La mise en place de cette ligne Trans-Maghreb requiert la réhabilitation et la modernisation de certains tronçons de la liaison ferroviaire Maghrébine, comme en a conclu l’étude de faisabilité, technique et financière du projet, réalisé avec l’appui des fonds NEPAD-FPPI et de la Banque Africaine de Développement (BAD).

L’étude de faisabilité menée par le Groupement Italferr/Comete/Medevco en 2017, a montré que pour rétablir une ligne ferroviaire directe Trans-Maghrébine, il faut opter pour une modernisation de l’infrastructure existante, afin de réduire le temps de parcours à 25 heures entre Casablanca, Alger et Tunis, pour un total de 2.350 kilomètres.

Le budget estimé pour ce projet, s’élève à environ 4 milliards d’euros. Il comprendra deux tronçons transfrontaliers : entre Fès au Maroc et la frontière algérienne (354 km) et Akid Abbas en Algérie (17 km) ; et entre Annaba (Algérie) et Jdeida (Tunisie).

Les tracés, les ouvrages et les tunnels prévus dans le cadre du projet de modernisation de la ligne ferroviaire comprendront : la construction de 10 tunnels de 18 kilomètres, et 106 tracés neufs. En outre, les ouvrages et le dotations prévues comptent ; 345 km de correction de devers, 31 km de rectification de tracé, 507 km de doublement des voies, 16 km de voies à déposer, 16 km de poses en double voies, en plus de l’achat du matériel roulant.

Dans son allocution d’ouverture, le Secrétaire Général de l’UMA, Taieb Baccouche, a rappelé que les trente conventions et accords qui ont été conclus par les différentes instances de l’UMA, doivent être activés, afin de réaliser les objectifs convenus, comme la création d’une zone de libre-échange maghrébine, l’institution d’une union douanière, la mise en place d’un marché commun et d’une union économique.

Il a aussi insisté sur l’importance de l’entente entre les pays membres, en vue de favoriser l’avancement des projets communs, pour l’intérêt national des Etats membres.

« Les clivages politiques ne doivent pas contrevenir à, l’intérêt économique et social des peuples. L’objectif commun de ce projet, est d’atteindre un taux de croissance respectable, limiter le chômage, et garantir l’emploi et la dignité pour les jeunes de la région maghrébine », ajoute-il.

« Les échanges commerciaux entre les pays du Maghreb ne dépassent pas 5%, ce qui représente un pourcentage très faible, comparé au taux des échanges commerciaux entre les pays du Maghreb et l’Union Européenne, qui a dépassé les 90% », déplore-t-il.

Par ailleurs, selon le rapport de la Banque Mondiale, l’intégration économique du Maghreb, grâce à ce train maghrébin, aurait pu augmenter le PIB par habitant de 34% pour l’Algérie, 27% pour le Maroc, et 24% pour la Tunisie, entre 2005 et 2015.

Des experts des États membres, et le Comité de Pilotage du Projet, le consortium Italferr/Comete/Medevco qui en ont conduit l’étude de faisabilité, ont assisté à cette table ronde, ainsi que des investisseurs potentiels et des bailleurs de fonds, de la France, Russie, Chine et Italie, des chefs d’entreprise, et plusieurs organisations et agences internationales de développement.

Emna Bhira