Premier forum sur les métiers du futur en Tunisie : La nécessaire adaptation de la formation

18-03-2019

L’Institut des Hautes Etudes Commerciales IHEC Carthage et la fondation Konrad Adenauer ont organisé conjointement en fin de semaine le forum « Jobs 2030 : prospective des métiers et des métiers de demain », avec la participation d’experts tunisiens et des prospectivistes internationaux.

Ce premier forum international sur les métiers du futur, en Afrique du nord, se présente comme un dispositif d’alerte des institutions publiques, au sujet de l’urgence d’anticiper le développement de la robotisation dans plusieurs secteurs dont l’agriculture, le textile, la construction, la mécanique, et les services.

Le directeur général de l’IHEC Carthage, Hassen Mzabi, a souligné que depuis la déclaration du président de la banque mondiale en 2017, Jim Yong Kim, au sujet de la disparition des 60% des métiers à l’horizon de l’année 2030, dans les pays en voie de développement, les institutions publiques ont commencé à prendre conscience de la nécessité d’anticiper sur la connaissance des pratiques contemporaines, dans la préparation des générations futures.

Le représentant de la fondation Konrad Adenauer-Stiftung Tunisie, Holger Dix, a rappelé que la Tunisie a la chance d’avoir sur son territoire 600 fondations politiques, dont plusieurs, œuvrent pour la promotion de la démocratie.

La démocratie et le développement économique sont très liés, d’où la coopération de Konrad Adenauer en Tunisie depuis les années 80, avec l’UTICA, les jeunes entrepreneurs du CJD, la chambre tuniso-allemande AHK, ESSECT… , a-t-il dit.
Les mutations que le monde du travail est en train de vivre, va entrainer la disparition de quelques métiers, pour laisser réapparaitre d’autres, du fait de la propagation de l’intelligence artificielle, le Big Data, la comptabilité qui sera bientôt exercée par les softwares… les institutions académiques doivent pa conséquen,t impérativement, combiner les études et les compétences, a recommandé Holger Dix.

La présidente de l’Université de Carthage, Olfa Ben Ouda, a évoqué le rôle de locomotive que doit jouer la formation, pour assurer l’employabilité, à travers la prospection des métiers, et la création d’observatoire et des forums pour partager les réflexions.

Deux mesures importantes ont été prises par l’Université de Carthage : la création par l’IHEC d’une chaire de prospective, en partenariat avec l’UNESCO et le soutien du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ; et la création de la première bibliothèque numérique en Tunisie, en partenariat avec l’AUF, qui est aussi un centre de visualisation en 3D, très utile pour les écoles d’ingénieurs et les étudiants en médecine, qui font des recherches sur la robotique, a-t-elle souligné.

L’ambassadeur de l’Allemagne en Tunisie, Andreas Reinicke, a appelé les académiciens tunisiens à « renouveler, voire réécrire les vieux scripts, pour pouvoir s’engager dans le futur ».

Il a aussi souligné que le nouveau défi de la Tunisie, est la digitalisation de l’administration, et sa décentralisation dans les régions. Selon lui, l’avantage de cette période de transition, c’est qu’elle a remis tout en question, ce qui permettra d’inventer plus facilement « une société épanouie ».

Le ministre des Affaires locales et de l’environnement, Mokhtar Hammami, a insisté sur l’importance de la formation, pour créer des métiers en adéquation avec les exigences du développement durable, et l’économie bleue et verte, qui offrent les nouvelles opportunités du futur.

Kais Hammami, prospectiviste et concepteur du forum, a indiqué que l’attitude passive, et la démagogie participative, nourrie par l’individualisme autocratique, ainsi que l’absence de la démocratie participative, représentent des obstacles au changement qui empêchent de converger vers un futur réalisable.

La prospective doit se baser sur une approche systématique, et méthodologique, qui permet de cerner les problèmes de gouvernance, a répliqué Koffi Kouakkou, directeur du Millenium Programme de l’Afrique de Sud.

L’anticipation est une décision scientifique qui permet de mieux comprendre « la tyrannie du futur », ainsi que de remplacer la superstition par la prédiction, et puis la prévision, et l’anticipation, ce qui permet de se préparer pour faire face à l’avenir, a-t-il ajouté, en insistant sur l’élément éthique dans les conseils fournis aux décideurs, pour créer une prospective responsable.

Emna Bhira

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