Présentation du rapport national de l’Emploi à l’IACE

23-09-2019

« Le chômage touche plus de femmes que d’hommes en Tunisie, la moitié des chômeurs ou presque sont concentrés dans le Sud et le centre du pays. Les jeunes âgés de 15 à 35 ans sont les plus touchés par ce fléau ».

C’est ce qu’a révélé le rapport national de l’emploi, publié aujourd’hui lundi 23 septembre, lors d’une conférence organisée, en marge de la semaine nationale de l’Emploi, par l’institut arabe des chefs d’entreprise (IACE).

Il s’agit d’une étude sur le marché de l’offre et de la demande de travail en Tunisie, basée sur deux enquêtes. La première est menée sur un échantillon représentatif de 1200 entreprises privées appartenant à 20 secteurs d’activité et réparties sur 24 gouvernorats. Quant à la deuxième enquête, elle porte sur un échantillon de 10 000 diplômés du supérieur ayant obtenu leur licence entre 2008 et 2018.

La chef de l’unité des statistiques à l’IACE, Maissa Louati, a relevé l’inadéquation, à travers les résultats de cette étude, entre les compétences des chômeurs et les compétences demandées par les entreprises.

« L’analyse sectorielle révèle que 77.5% des compétences sollicitées par les entreprises sont dans les disciplines techniques, numériques ou informatiques et, 44% des entreprises s’intéressent à l’expérience de l’employé en dépit de son diplôme ».

 « Par ailleurs, 72% des entreprises ne comptent pas recruter durant les 12 prochains mois, et 24.3% des chefs d’entreprises estiment que la situation de l’emploi va s’améliorer ».

Quant au marché de travail du côté offre, il se trouve que les postes proposés ne sont pas assez attractifs pour les diplômés à cause des conditions de travail, d’horaires non-flexibles, et de l’absence d’avantages sociaux comme les assurances et les primes.

L’absence de formation et d’évolution de carrière, ainsi que la rémunération insuffisante ou peu attractive, sont autant de facteurs qui rebutent les jeunes demandeurs de travail.

Une économie « Low cost »
Le vice-président de l’IACE, Walid Bel Haj Ammar, a souligné, quant à lui, que la plupart des PME en Tunisie contribuent à la mise en place d’une économie « Low cost », c’est-à-dire qui propose des services à bas prix et un petit volume de produits.

 «Ces mêmes entreprises n’exigent pas de hautes compétences, contrairement aux sociétés de renommée, qui sont moins nombreuses en Tunisie, mais qui demandent un personnel qualifié, à même d’assurer à l’entreprise de la valeur ajoutée ».

Par ailleurs, l’enquête a montré que 34% des diplômés interrogés étant actifs, confirment qu’ils ont eu leur première insertion professionnelle à travers leurs parents.

 D’autre part, « 80% des diplômés interrogés disent que la saturation du marché dans leurs domaines de compétences est la raison principale de leur chômage ».

Concernant les postes vacants, les professions élémentaires sont les plus recherchées par les entreprises, comme les manœuvres des mines, les métiers de la construction et du bâtiment, l’industrie et la manufacture, le transport et les vendeurs…

Pour résoudre ces problèmes d’insertion dans le marché du travail, le directeur général de l’agence nationale pour l’emploi et le travail (ANETI), Youssef Fennira, a insisté sur le renforcement du partenariat public/Public (PPP), et avec la société civile.

Selon lui, le développement de l’enseignement privé n’a fait qu’empirer la situation des chômeurs issus de l’enseignement public, qui se trouvent en détresse à cause de la panne de l’ascenseur social.

« Ce n’est pas le ministère de l’Emploi seulement qui doit mettre des stratégies pour l’emploi, il y a aussi les systèmes éducatifs nationaux qui doivent être révisés et réadaptés au marché du travail».

Fennira a également rappelé que la stratégie nationale pour l’emploi 2020-2030 lancée en mai dernier, a pour objectif de passer de l’anticipation à l’action. Elle aura pour objectifs ; la digitalisation, la formation, l’amélioration de la qualité d’information et de communication dans les bureaux d’emploi.

 Emna Bhira

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