« Rechta Njara », pour faire revivre la cuisine d’antan (Vidéo)

15-05-2019

Si dans les grandes villes, le « fait maison » devient de plus en plus rare…dans d’autres localités, plus rurales, il reste de coutume surtout pendant le mois de Ramadan.

Pour notre second portrait « Récits et Traditions », GnetNews s’est rendu dans le gouvernorat de Bizerte à la rencontre de Fathia Gharbi.

A 66 ans, ce petit bout de femme ne chôme pas. Mère au foyer, elle a élevé ses 5 enfants avec force et courage malgré les difficultés de la vie.

Elle habite le « Metline », ville rurale située à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Bizerte. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Fathia vend des produits « fait-maison ». Pâtes fraîches, couscous, épices, pâtisseries orientales… Elle ne ménage pas ses efforts pour arrondir ses fins de mois, son mari ne bénéficiant que d’une toute petite retraite. Elle élève également des poules.

Fathia a accepté de nous faire pénétrer dans son antre…sa cuisine. Elle ne badine pas avec la tradition du « fait-maison ». Toutefois, il reste un paramètre qui peut être limitant de nos jours dans certains foyers : le temps. Faire soi-même ses propres repas demande du temps et de l’organisation surtout pendant le mois sacré. Fathia en convient : « De nos jours, les femmes travaillent, elles n’ont plus le temps ni la patience de se mettre en cuisine pendant des heures. Elles préfèrent opter pour des choses faciles ».

Fathia a acquis ce savoir-faire dans son enfance auprès de sa mère… Mariée à 17 ans, elle a ensuite continué son apprentissage auprès de sa belle-mère. Aujourd’hui, sa fille pérennise la tradition…

Les pâtes fraîches qu’elle prépare s’appellent « Rechta Njara », en référence aux copeaux de bois en spirale du menuisier. Elle est confectionnée à base de farine, de semoule fine, de sel et d’eau. Un plat typique de Bizerte plus léger que des pâtes en sauce ou un couscous, idéal pendant le jeûne. De plus il n’est pas onéreux…Fathia vend le kilo de « njara » à seulement 2dt.

A Bizerte, le « S’hour » rime avec « Rechta njara hlowa ». En effet, si la « njara » se déguste salée elle est aussi très appréciée sucrée en y ajoutant du sucre, des fruits secs, des dattes et de l’eau de géranium…

Le ramadan permet de raviver la volonté de perpétuer les coutumes… Des coutumes à la fois culinaires, familiales et spirituelles.

Reportage réalisé par Wissal Ayadi