Sécheresse 2023-2024 : l’État reconnaît la calamité naturelle dans 12 gouvernorats et ouvre le droit à indemnisation
Un arrêté conjoint des ministères de l’Agriculture et des Finances, publié au Journal officiel, active les mécanismes d’indemnisation et de rééchelonnement des dettes au profit des agriculteurs sinistrés.
La sécheresse qui a frappé la Tunisie durant la campagne agricole 2023-2024 est officiellement reconnue comme calamité naturelle dans douze gouvernorats. Un arrêté conjoint des ministères de l’Agriculture et des Finances, publié au Journal officiel n°30 du 17 mars 2026, active à cet effet les mécanismes d’intervention du Fonds d’indemnisation des dommages agricoles dus aux calamités naturelles.
Douze gouvernorats concernés
La décision couvre les grandes cultures — céréales, légumineuses et autres — affectées par le déficit pluviométrique dans les gouvernorats de La Manouba, Zaghouan, Ben Arous, l’Ariana, Le Kef, Béja, Jendouba, Nabeul, Kasserine, Bizerte, Siliana et Kairouan. Elle fait suite aux constats établis par la Commission nationale des catastrophes naturelles lors de ses réunions de juillet 2024 et d’octobre 2025.
Indemnisations et rééchelonnement des dettes
Deux types de soutien sont prévus pour les agriculteurs sinistrés. Les adhérents au Fonds d’indemnisation percevront des indemnités financières calculées sur la base de rapports d’expertise individuels, établissant le taux précis des dommages subis dans chaque exploitation. Par ailleurs, les agriculteurs ayant contracté des prêts saisonniers pour la campagne 2023-2024 et dont les pertes sont avérées pourront bénéficier d’un rééchelonnement de leurs dettes, étudié au cas par cas. Le Fonds national de garantie prendra en charge les intérêts générés par cette opération.
Des conditions d’éligibilité strictes
L’arrêté encadre rigoureusement l’accès à ces dispositifs. Le rééchelonnement ne s’applique pas aux exploitations situées dans les périmètres irrigués. Pour toute demande, les agriculteurs devront fournir un certificat de constat technique délivré par leur Commissariat régional au développement agricole (CRDA), attestant que les dommages sont bien imputables à la sécheresse.
Cette reconnaissance officielle s’inscrit dans la stratégie de l’État visant à atténuer l’impact des changements climatiques sur le secteur agricole et à préserver la capacité productive des filières céréalières, jugées stratégiques pour l’économie nationale.