« La Tunisie n’a pas de souveraineté économique à cause de la dette » (Expert)

07-11-2019

Le président de l’Institut mondial pour la prospérité durable, Fadhel Kaboub, a affirmé lors d’une conférence sur « la souveraineté économique et monétaire  dans l’Afrique du XXème siècle », que la Tunisie n’a actuellement aucune souveraineté économique, à cause des endettements qu’elle a cumulés ces dix dernières années ».

Durant cette conférence organisée ce jeudi 7 novembre par la Fondation  Rosa Luxemburg, en collaboration avec le Global Institute for Sustainable Prosperity et le réseau «Politics of Money», le professeur Kaboub a rappelé aussi qu’un pays est considéré souverain, quand il n’a aucune dette envers un Etat dont le régime monétaire des changes n’est pas flexible, c’est-à-dire qui exige un remboursement en devise.

 «  Ces dernières années,  la Tunisie s’est endettée avec de grands budgets, dont la plupart sont utilisés dans le secteur public pour payer des salaires, ou bien pour créer des projets non rapporteurs. »

Pour faire face au surendettement actuel, Kaboub a appelé le gouvernement tunisien à dépenser pour les priorités nationales, afin d’augmenter la capacité de production dans des domaines stratégiques, comme l’agriculture, les énergies renouvelables, l’eau, et les échanges économiques sud-sud, et pourquoi pas le tourisme alternatif et écologique…

« Au lieu d’augmenter les impôts sur le revenu et  les prix pour le citoyen tunisien, ce qui affaiblit son pouvoir d’achat par l’inflation… Il faut plutôt mettre en place une taxe sur  la pollution pour les investisseurs étrangers, un impôt sur la richesse extrême, ou pour la protection de la démocratie de l’oligarchie….

 Par ailleurs, le président de l’Institut mondial pour la prospérité durable  a appelé à investir dans l’amélioration de la main d’œuvre qualifiée, des techniciens supérieurs et des machinistes.

« Ce n’est plus les ingénieurs qui sont concernés le plus par la fuite des cerveaux.  C’est plutôt les hommes de terrain, qui travaillent tous les jours dans les industries, et qui ont le savoir-faire nécessaire pour faire marcher les industries, qui sont les plus sollicités par les investisseurs étrangers ».

En comparant avec les stratégies économiques des pays développés,  Kaboub a indiqué que désormais « ces pays n’investissent plus uniquement dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique ».

« Ils sont en train de donner l’opportunité aux techniciens supérieurs, pour développer la conception des machines et des matières intermédiaires, qui coutent cher à l’Etat quand ils sont importés ».

Cette méthode permet d’augmenter la valeur ajoutée, grâce à l’utilisation des produits locaux uniquement. « Ça évite aussi de limiter les importations en matière d’énergie, conclut-il.

Des chercheurs, des experts en économie, des militants et des journalistes d’Europe, des États-Unis, de l’Inde et de différents pays africains, ont participé à cette première conférence organisée en Afrique qui traite de la souveraineté économique et monétaire de l’Afrique, et qui se poursuivra jusqu’au 9 novembre 2019.

Emna Bhira 

 

 

 

 

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