Indice d’intégrité: La Tunisie classée première dans la région MENA (I WATCH Organization)

25-11-2019

La Tunisie a été considérée en tant que zone à risque en matière de lutte contre la corruption dans le secteur de la défense nationale. C’est ce que montre le rapport concernant l’indice de l’intégrité dans le secteur de la défense pour l’année 2020 (GDI 2020), élaboré par l’organisation Transparency International Defence&Security.  

Ce constat a été dévoilé lors d’une conférence de presse organisée à Tunis par l’ONG I WATCH, ce lundi 25 novembre, sous la thématique « Un regard général sur la Tunisie : l’index de l’intégrité de la défense nationale durant l’année 2020 ».

Cet indice  évalue les mesures prises par les gouvernements de la région MENA, pour lutter contre la corruption au sein de la défense nationale.

Les résultats se basent sur l’étude des méthodes mises en place par 82 pays afin de réduire les risques de corruption.

Les pays sont classés dans des groupes allant du taux de risque le plus bas (A) au plus élevé (F). Cette classification a été basée sur des évaluations détaillées couvrant 77 indicateurs répartis sur cinq zones à risque du secteur : politique, financier, recrutement, opérationnel et approvisionnement.

Selon la Transparency International, la Tunisie  se situe à un taux de risque de niveau (D). Ce classement lui vaut la première place dans la région MENA, devant les Emirats Arabes Unis et le Kuweit.

« La Tunisie  a réalisé des progrès dans la lutte contre la corruption, dans le secteur de la défense », a confirmé Achraf Aouadi, le président d’I WATCH, en précisant qu’il ne s’agit pas d’un « baromètre de corruption ».

Il a rappelé que, « ces progrès ont été réalisés grâce à la mise en place des deux commissions parlementaires, de l’amendement de lois relatives à la sécurité nationale, et du suivi du budget alloué au ministère de la défense ».

« Sur le plan pratique, en revanche, les progrès de ces deux commissions restent limités, à cause du manque d’expertise de leurs membres », déplore-t-il.

A cet égard, Aouadi a par ailleurs ajouté que les rapports sur leurs missions sont confidentiels, ce qui a empêché Transparency International de voir l’évolution de leurs travaux, prétextant le secret de l’Etat ».

Le classement avancé de la Tunisie par rapport aux autres pays de la région, revient en outre à la signature d’une convention entre le Ministère de la défense et l’Instance nationale de la lutte contre la corruption (INLUCC) en 2018. Cette convention a pour objectif de mieux contrôler le système d’acquisitions et de transactions publiques ainsi que le recrutement dans l’institution militaire.

Achraf Aouadi, explique que « le rapport de Transparency International a montré que, comparé à d’autres pays de la région, le Ministère de la défense tunisien, n’entretient pas d’activités commerciales, et ne possède pas de biens fonciers, dont la rente sera dépensée pour financer l’institution militaire. ».

Il ajoute également que, « le seul inconvénient concernant les dépenses du Ministère de la défense, c’est le fait que les organisations internationales et même les simples citoyens n’aient pas d’accès à son budget, sous couvert de secret défense ». 

« Seuls quelques achats sont déclarés au grand public sur la plateforme en ligne TUNEPS ». Celle-ci  étant dédiée à la publication des marchés publics.

Lors de cette conférence, l’organisation I WATCH a appelé à plus de transparence en ce qui concerne les nominations des postes à responsabilité dans l’institution militaire.

I WATCH a également insisté sur l’importance de rendre public, les sources et les pays fournisseurs de munitions destinées aux forces armées tunisiennes.

Emna Bhira

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