PME Vs Covid-19 : Quelles stratégies des acteurs économiques face à cette crise mondiale ?

12-05-2020

 « Les nouvelles technologies représentent le mot clé pour surmonter les séquelles du Covid-19 et l’arrêt des activités des PME, sur l’économie tunisienne…»

C’est le constat confirmé par Ridha Ben Said, le président  du centre des jeunes patrons (CJD), Monastir, lors d’un Webinar organisé par la fondation Hanns Seidel qui avait pour thématique « PME VS Covid-19 : Quelles stratégies des acteurs de l’économie tunisienne pour faire face aux conséquences de cette crise mondiale? ».

Ben Said a relaté son expérience personnelle en tant que chef d’entreprise, en ce qui concerne l’obtention de l’autorisation de circulation, dont il avait besoin pour maintenir son activité durant le confinement sanitaire.

Les entrepreneurs étaient appelés au début, à cause des mesures restrictives, à soumettre une demande de maintien d’activité au niveau des services concernés dans les gouvernorats.

« En effet, un comité de sélection était chargé de cette tâche qui consiste à faire le tri des PME en question, et à le renvoyer par la suite au siège du ministère de l’industrie…Dans quelque temps, la plateforme www.autorisation.gov.tn a pris le relais pour décider de l’octroi des autorisations de circulation. Une simple application, qui a pu désormais résoudre ce problème de conditions d’éligibilité, de présélection et surtout de centralisation… ».

« Ce service en ligne nous a fait gagner du temps, surtout qu’il n’y a pas de paperasses et de longues procédures administratives. Ce site a bien réalisé la décentralisation des services d’une manière rapide et efficace », relate-t-il.

Pour encourager ce genre d’initiative et intégrer plus largement le numérique dans l’avenir, le président de la CJD Monastir recommande aux banques d’assouplir les conditions d’octroi de prêt notamment pour les jeunes start-upers qui travaillent sur le digital.

 » Le fait que la banque demande une hypothèque en échange d’un financement, minimise les chances d’obtenir un crédit aux jeunes qui n’ont pas assez de moyens, ça n’encourage pas les développeurs à lancer leurs projets. Cette complexité les sabote davantage… », explique-t-il.

Ridha Ben Said a indiqué que la loi sur les startups représente un bon pas pour ceux qui souhaitent travailler sur le numérique, « mais aussi les banques sont appelées à ne plus considérer les applications web en tant que produits non tangibles…. »

Les PME tunisiennes en difficulté à cause du Covid-19

Toutes les économies ont été touchées à l’échelle mondiale, que dire de la Tunisie, a souligné Ahmed Bettaieb, directeur général de l’agence de promotion et de l’industrie (API), à Monastir.

En faisant un état des lieux des PME en Tunisie, il a présenté une étude concernant l’impact du confinement sur un échantillon de 470 entreprises, dont 32%  sont exportatrices.

 50% de ces PME  confirment qu’elles ont profondément régressé économiquement. Ce pourcentage représente notamment les entreprises qui ont trouvé des difficultés à obtenir une autorisation de circulation pour leurs employés et ouvriers, a-t-il révélé.

Quelques 29% de l’échantillon est en activité partielle, contre seulement 10%  des entreprises affirmant qu’elles s’en sortent plutôt bien…

Bettaieb a expliqué aussi que les secteurs de la santé, pharmaceutiques et parapharmaceutiques ne sont pas confrontés à des difficultés économiques durant cette crise sanitaire. Bien au contraire, cette pandémie leur a été une opportunité avantageuse…

Par ailleurs, Ridha Ayed, président du syndicat patronal CONECT (Monastir) a parlé de 740 000 entreprises en confinement dans toute la Tunisie pendant plus d’un mois. Selon lui, cet arrêt impacterait 83 000 personnes travaillant dans le secteur industriel, 400 000 travailleurs dans la construction, 38 000 employés actifs dans les restaurants et les hôtels, et 700 000 actifs d’une manière directe ou indirecte dans le tourisme. Quant aux indépendants, le nombre de porteurs de patentes qui seront touchés économiquement par la crise sanitaire, s’élève à 400 000.

Il a aussi estimé que le taux de chômage atteindra son apogée en 2020.  Il est prévu qu’il s’élèvera à 20 et 22%.

Emna Bhira