Bizerte: Des pêcheurs coralliens reconvertis en scaphandriers-soudeurs (Vidéo)

03-12-2019

Dans le cadre du projet IRADA Bizerte, un programme de reconversion a été proposé aux pêcheurs coralliens de la région pour qu’ils deviennent scaphandriers-soudeurs. En effet, le métier de pêcheur corallien devient une activité non rentable du fait des restrictions environnementales de plus en plus importantes. Gnetnews s’est rendu au chantier naval de Menzel Bourguiba avec des responsables du programmes IRADA. Le but de cette visite est de créer un partenariat entre la CMRT et les futurs plongeurs-soudeurs.

Lancé officiellement en 2018, le programme IRADA est destiné à promouvoir la formation professionnelle, le secteur privé et les projets de développement dans huit gouvernorats : Gabès, Médenine, Gafsa, Kasserine, Sfax, Sidi Bouzid, Bizerte et Jendouba.

Financé par l’Union européenne à hauteur de 34 millions d’euros, ce programme devrait se poursuivre jusqu’en 2022.

Les subventions sont allouées au financement des projets privés (10 millions d’euros), au développement de la formation professionnelle publique (10 millions de dinars), à l’assistance technique (5,8 millions de dinars) et à la gestion et l’exécution (5,5 millions de dinars).

« Parmi les activités identifiées dans la région pour bénéficier des interventions du programme IRADA figurent l’industrie laitière, la culture de l’artichaut, la formation en soudure sous-marine, l’installation du gaz naturel ou encore la production de l’huile de maïs », nous explique Bechir Ayari, chargé de la formation professionnelle à l’antenne IRADA de Bizerte.

C’est suite à une demande forte des pêcheurs de corail que le projet de reconversion en scaphandriers-soudeur est né. En effet, l’activité n’étant plus rentable, de nombreux jeunes se retrouvent au chômage. Afin d’assurer leur formation, Sylvain Castanet, scaphandrier professionnel, est venue spécialement du sud de la France pour une expertise afin de voir si le chantier naval de Menzel Bourguiba pourrait devenir un endroit où les jeunes apprentis pourrait s’exercer lors de leur formation. « Je suis agréablement surpris par le niveau d’équipement de ce chantier naval. Il y a tout ce qu’il faut comme équipement pour assurer la formation des jeunes », a-t-il affirmé.

Pour le moment une soixantaine de candidats se sont manifestés pour bénéficier de ce programme de reconversion. Une sélection drastique sera mise en place car, selon Mr Castanet, « c’est un métier difficile, très risqué et qui demande beaucoup de professionnalisme ». Ainsi, la sélection sera basée sur leurs compétences dans l’eau, un test psychologique et technique. La formation se déroulera sur une période de 4 à 8 semaines, selon les profils et se fera au Centre de formation professionnelle de Menzel Bourguiba

L’objectif de ce projet est de développer l’employabilité des jeunes dans la région… aussi bien en Tunisie qu’à l’international. En effet, le métier de plongeur-soudeur est très demandé dans plusieurs pays. « Là où il y a de l’eau, il y a de la demande » nous dit Sylvain Castanet. Les sites dans lesquels les scaphandriers-soudeur sont demandés sont notamment les chantiers navals, les plateformes pétrolières offshore ou encore les ports.

Mais pour pouvoir intégrer le métier, une certification internationale est nécessaire. Il s’agit de la certification appelée IMCA (Certificat d’Aptitude à l’Hyperbarie), qui permettra à ces jeunes, une fois formés, de pouvoir prétendre à des postes à l’étranger.

En Tunisie et notamment dans la région de Bizerte le métier sera à l’avenir très demandé. En effet, la construction du Pont de Bizerte, qui démarrera en 2020, nécessitera de la main d’oeuvre de ce type. 

Wissal Ayadi