Changement climatique, une menace pour la subsistance des femmes rurales

18-11-2019

La question du changement climatique prend une place de plus en plus importante dans les débats politiques et sociétaux que ce soit au niveau mondial, continental ou national. En Tunisie, il se traduit notamment par une désertification des terres et une baisse des ressources en eau. Les femmes rurales tunisiennes contribuent à la production d’environ 80% de la nourriture. Ainsi le dérèglement climatique a un impact important sur leur vie quotidienne. C’était le thème abordé lors d’une conférence, organisée conjointement ce lundi 18 novembre à Tunis, par le ministère affaires locales et de l’environnement et celui de la femme.

Le secteur agricole en zone rurale emploie 43% de femmes. Encore aujourd’hui dans les zones rurales, c’est la femme qui est chargé de l’approvisionnement en eau et en nourriture de la famille… elle travaille sur les terres agricoles et c’est aussi elle qui va chercher l’eau. C’est ce qui fait que le changement climatique impacte, grandement, la subsistance des familles dans les campagnes.

Autre thème abordé lors de cette conférence : l’autonomisation de la femme rurale. Il s’agit de sa capacité à pourvoir elle-même à ses besoins, ainsi qu’à ceux de sa famille et à décider de la meilleure façon d’y parvenir. L’autonomie se réfère aussi à l’accès à la sécurité sociale et aux services publics, aux biens communs et à l’autonomie financière.
A cette dernière problématique, la ministre de la femme Neziha Laabidi a fait référence au programme « Ahmini ». Une application qui permet aux femmes rurales et ouvrières dans le secteur agricole d’envoyer en temps réel les cotisations de couverture sociale à la CNSS via un service mobile, leur évitant ainsi le déplacement, réduisant ainsi les inégalités.

De son côté, le ministre de l’Environnement, Mokhtar Hammami, a insisté sur la sensibilisation des femmes rurales au rôle qu’elles peuvent jouer dans la protection de l’environnement. « Il faut arrêter de tout mettre sur le dos des municipalités », a-t-il martelé. Selon lui la lutte contre les changements climatiques doit notamment passer par la diminution de la pollution, l’utilisation des énergies renouvelables, la réduction des pesticides et la protection des richesses des territoires ruraux, en produisant notamment de nouveaux produits et semences. Il a, par ailleurs, affirmé que les problèmes liés aux climat ont été inclus dans les nouvelles politiques liées à l’environnement.

La gouvernance locale a été aussi au centre de cette conférence. Ainsi, un programme de soutien aux femmes et groupes de la société civile a été présenté. Il s’agit du PLMI (Programme pour un leadership municipal inclusif). Initié par la Fédération Canadienne des Municipalités avec l’appui des Affaires Mondiales Canada et mis en œuvre en Tunisie par CILG-VNG International, il porte sur l’implication des femmes leaders dans la gestion des affaires locales et celle des institutions nationales et des municipalités, et leur capacité à délivrer des services publics répondant au mieux aux besoins et au potentiel des femmes et des filles dans huit communes : Menzel Abderrahmane, Fondok Jedid, Seltene, Nabeul, Ain Sobh Nadhour, Tabarka, El Marja, Sidi Bourouis et Hammam-Chott.

Le programme apporte un soutien particulier aux femmes nouvellement élues et à leurs alliés hommes, afin qu’elles/ils influencent les politiques adoptées par les municipalités dans le sens de l’inclusivité pour plus de démocratie, d’efficience et d’efficacité des ressources municipales.

Wissal Ayadi

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