Chute de la livre libanaise : Une seconde nuit de protestations, les libanais reprennent la rue

13-06-2020

Vendredi 12 juin, des centaines de Libanais ont manifesté pour une deuxième nuit contre la gestion par les autorités d’une crise économique qui a vu la monnaie locale se déprécier de plus de 25% ces derniers jours.

Des protestations ont éclaté jeudi dans plusieurs villes du Liban après un crash dans la livre libanaise qui avait déjà perdu 70% de sa valeur depuis octobre dernier. Il a chuté à environ 6 000 le 1 $ sur le marché noir, contre 4 000 au début de la semaine.

Vendredi, la devise a semblé arrêter sa spirale baissière après que le gouvernement a annoncé que la banque centrale injecterait des dollars sur le marché au début de la semaine prochaine.

Pourtant, des manifestants sont revenus vendredi soir dans les rues de la ville de Tripoli, où les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes pour tenter de les chasser.

L’armée a tenté de disperser des centaines de manifestants qui appelaient à la « Révolution ». Ceci qui a déclenché des affrontements entre les deux parties, a fait savoir l’AFP.

Les manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov vers les soldats, endommageant les façades de plusieurs banques et magasins.

Parallèlement, à Beyrouth, la capitale, environ 200 jeunes hommes conduisant des cyclomoteurs ont dégradé les devantures des magasins et incendié plusieurs boutiques a indiqué un correspondant de l’AFP.

Plus de 35% des Libanais sont au chômage, tandis que la pauvreté a grimpé à 45% de la population, selon les estimations officielles.

Le Liban est également l’un des pays les plus endettés du monde. Il a également qu’il n’a pas remboursé ses emprunts extérieurs pour la première fois en mars 2020.

Les troubles surviennent alors que Beyrouth est en pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un programme de réforme qui, il l’espère, garantira des milliards de dollars de financement et remettra son économie sur les rails.

Le Liban a été secoué par une série de crises politiques ces dernières années, avant la crise économique qui a contribué à déclencher des manifestations de masse intersectorielles sans précédent en octobre dernier.

Les manifestations ont contraint le gouvernement à démissionner et une nouvelle dirigée par le Premier ministre Hassan Diab a été approuvée par le Parlement en février, chargée de lancer des réformes et de lutter contre la corruption.

De nombreux citoyens libanais, cependant, disent que la nouvelle administration n’a pas réussi à trouver de solutions aux problèmes du pays, notamment une récession écrasante et une inflation galopante.

Gnetnews

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