Débat de la présidentielle : Des monologues sans échanges, ni interaction

08-09-2019

Le premier débat télévisé organisé par la télévision tunisienne, en prévision du premier tour de la présidentielle s’est déroulé en cette soirée du samedi 07 septembre, et a réuni huit candidats : Moncef Marzouki, Mohamed Abbou, Abdelfattah Mourou, Abir Moussi, Abid Briki, Néji Jelloul, Mehdi Jomaâ, et Omar Mansour.

Le débat a manqué terriblement de vivacité, et était statique et monotone. Plutôt qu’un débat, l’émission, « la route vers Carthage »,  retransmise sur toutes les chaines TV et toutes les radios durant deux heures 10 minutes , a été meublée par une série de monologues. Chacun des candidats a fait son oral, sans qu’il y ait échange, confrontation d’idées ni interaction entre eux.

Les journalistes étaient réduits à poser des questions préparées à l’avance, qu’ils posaient tour à tour aux candidats, sans avoir à intervenir pour modérer quoi que ce soit, ou pour gérer le temps de parole respecté à quelques secondes près, hormis pour Omar Mansour qui a fait montre ce soir d’une parole parcimonieuse.

Les candidats se sont prêtés au jeu, d’aucuns ont essayé d’interpeler leurs compétiteurs sans aller loin. Sollicité par ses rivaux, Abdelfattah Mourou est resté placide, et n’a pas réagi à Marzouki qui l’a repris sur sa proposition d’améliorer la présence tunisienne en Afrique, ni à Abbou au sujet de la liste des martyrs de la révolution. Il est resté silencieux face aux menaces à peine voilées d’Abir Moussi de dissoudre tout parti qui mélange religion et politique. Le format de l’émission ne le permet pas.

Un débat sans débat en somme, a fortiori que les candidats avaient à répondre à des questions différentes, un procédé qui n ‘a rien à voir avec  ce qui est à l’usage ailleurs aux Etats-Unis et en France où les candidats sont appelés à réagir sur les mêmes thématiques et à répondre aux mêmes questions et où l’échange tourne souvent à la confrontation.  

Avec le débat d’aujourd’hui, on a entendu huit candidats s’exprimer sur  trois principaux volets. Les deux premiers ont trait à la défense et à la politique étrangère, principales prérogatives du président de la république, et le troisième axe a porté sur des questions diverses.

L’occasion a été donnée à la fin aux candidats de livrer leurs promesses électorales, et c’est là, où les différences ont émergé.

Ce premier exercice est un pas en avant en matière de pluralité, et de démocratie. La télévision tunisienne a mis les moyens logistiques pour soigner la forme, reste à revoir le fond.

La Rédaction

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