La digitalisation est en mesure de sauver la Tunisie d’une crise monétaire et financière aiguë (Joudi)

28-04-2020

« L’Etat est appelé à adopter une politique orientant l’économie vers la numérisation et le digital. Ceci pourrait créer de l’emploi et les richesses, assurer  la prospérité du pays, et produire de la valeur ajoutée.  Il faut se préparer, accepter et s’adapter au changement…».

C’est ce qu’a recommandé Moez Joudi, l’expert en économie lors d’une vidéo conférence tenue récemment sur « le digital et le numérique comme composantes majeures des nouveaux modèles de développement économique. »

  « Rappelons-nous du retard qu’ont subi les populations défavorisées quand le chef du gouvernement a voulu leur distribuer des aides financières. Il s’est retrouvé face à une base de données défaillante sans mise à jour », a-t-il ajouté.

Le numérique et le digital sont devenus des axes majeures de développement. « On parle aujourd’hui du Digital Banking, du Data Driver, des solutions informatiques, d’application, de robotique, biotechnologie, administration numérisée, transformation digitale des entreprises et de E-commerce… », a-t-il énuméré.

Plusieurs facteurs sont en train de ralentir le processus de numérisation et de digitalisation en Tunisie, a-t-il déploré.

A ce sujet, l’économiste a indiqué que le fait qu’il existe trois présidents qui gouvernent ayant des conflits perpétuels entre eux, entraine la lenteur au niveau de la prise décision. Il s’en ajoute les fortes bureaucraties ralentissent également la mise en œuvre de ces décisions politiques.

 Il existe, en effet, une réelle résistance contre la numérisation et les réformes de la fonction publique, la caisse nationale de compensation, la réforme fiscale, bancaire et financière. « Toutes les résolutions prises par les anciens gouvernements n’ont pas été effectuées, ou sont restées inachevées, pourtant ce sont des réformes vitales, dont la non adoption  coûte de l’argent à l’Etat ».

Le président de l’institut tunisien des administrateurs (ITA), a appelé le gouvernement à s’engager dans l’efficience et à faire de la technologie un moyen de changement global et non pas sectoriel, par petites dosettes…

La numérisation pourra changer la donne et sauver le pays d’une crise monétaire et financière aiguë, a-t-il souligné.

« La relance économique après la pandémie serait difficile pour la Tunisie. Le déficit commercial est estimé à 19.4 milliards de dinars en 2019. La baisse de la production de phosphate impactée par les mouvements sociaux et le climat politique est passée de 8 millions de tonnes par an avant 2011 à 3.5 millions de tonnes actuellement. Par conséquent, la balance énergétique a impacté le commerce international, et les échanges commerciaux qui ont subi une baisse drastique avant même l’apparition de la pandémie du Covid-19. »

Cependant, les indicateurs économiques montrent des pertes qui ne seront pas facilement regagnées. Mais, le plus important, c’est que nous sommes en train de vivre « une phase de destruction créatrice », conclu-t-il, en se référant à la citation de l’économiste Joseph Champêtre.

Emna Bhira

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