Gilets Jaunes : Macron tente de désamorcer la polémique sur le déploiement des militaires à Paris

23-03-2019

AFP – Le président Emmanuel Macron a tenté vendredi de désamorcer la polémique née de l’annonce de la mise à contribution de militaires lors des manifestations de « gilets jaunes » samedi, en assurant que l’armée n’était « en aucun cas en charge du maintien de l’ordre ».

« Un faux débat » provoqué par « ceux qui jouent à se faire peur et à faire peur », a tranché le chef de l’État depuis Bruxelles, lors d’une conférence de presse.

Pour répondre aux accusations de laxisme sécuritaire et éviter une réédition du scénario violent de samedi dernier – avec notamment le saccage de nombreux commerces sur les Champs-Élysées – les autorités ont annoncé une série de mesures avant la 19ème journée de mobilisation de samedi.

Les manifestations seront notamment interdites dans plusieurs lieux emblématiques, des Champs-Élysées parisiens – où la célèbre brasserie Le Fouquet’s, pillée et incendiée, restera fermée « plusieurs mois » selon ses gérants – à la place du Capitole de Toulouse, et les fouilles seront beaucoup plus systématiques.

Plus polémique, le recours annoncé aux soldats de l’opération Sentinelle pour soulager la charge des forces de l’ordre. Faite mercredi, l’annonce a suscité un tollé politique, l’opposition dénonçant un mélange des genres et un risque d’escalade.

La polémique a encore gonflé après des déclarations du gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Leray, évoquant une éventuelle « ouverture du feu ».

« Les soldats donnent des sommations. Ils sont à même d’apprécier la nature de la menace et d’y répondre de manière proportionnée », avait-il souligné. « Les consignes sont extrêmement précises. Ils ont différents moyens d’action pour faire face à toute menace. Ça peut aller jusqu’à l’ouverture du feu ».

Le gouvernement a tenté depuis d’expliquer que les soldats ne seraient pas appelés à faire du maintien de l’ordre et ne seraient en aucun cas au contact des manifestants.

Pour M. Macron, « c’est exactement la même chose que ce qui avait été décidé au mois de décembre et à plusieurs reprises par le passé, c’est-à-dire faire appel aux militaires de l’opération Sentinelle pour ce qui est leur mission, la lutte contre le terrorisme et protéger des sites sensibles, pour pouvoir décharger les policiers et les gendarmes de ces missions ».

« Il n’a jamais été question de confier à Sentinelle (…) des missions de maintien de l’ordre », a renchéri vendredi soir sur RTL la ministre des Armées Florence Parly.

« Il n’est donc pas envisageable que des militaires des armées françaises puissent ouvrir le feu sur des manifestants », a-t-elle ajouté. « Les soldats de Sentinelle ne seront donc pas aux endroits où il y aura des manifestations, il n’y aura donc pas de face-à-face ».

Les soldats de Sentinelle vont simplement « soulager leurs collègues policiers et gendarmes afin que ceux-ci se consacrent pleinement aux opérations de maintien de l’ordre, et ce sera le cas demain » samedi, a-t-elle assuré.

Lancé au lendemain des attentats de janvier 2015, l’opération Sentinelle mobilise 7.000 soldats en France. Les soldats protègent des sites religieux (synagogues, mosquées…), des lieux particulièrement exposés au risque terroriste ou très fréquentés (lieux touristiques, gares…). Ils sont présents de manière quasi-permanente à certains endroits, comme les aéroports ou les musées.

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun