Grands projets structurants : le gouvernement accélère la cadence
Un Conseil ministériel restreint s’est tenu mercredi 25 février 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah, sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri. La réunion a été consacrée au suivi de l’avancement de plusieurs projets stratégiques majeurs appelés à être intégrés dans le plan de développement 2026-2030.
À cette occasion, la cheffe du gouvernement a insisté sur la nécessité d’accélérer la finalisation des différentes étapes liées aux projets publics programmés, dans le respect des délais fixés, afin de stimuler l’investissement, créer des emplois et soutenir la croissance économique, conformément aux orientations du président de la République, Kaïs Saïed.
Un corridor ferroviaire à grande vitesse du Nord au Sud
Parmi les dossiers examinés figure le projet de train à grande vitesse (TGV) et la réalisation d’un corridor ferroviaire à haute performance reliant le Nord au Sud du pays. Ce projet est présenté comme un levier stratégique pour renforcer la cohésion territoriale et désenclaver plusieurs régions, en assurant une liaison continue de Bizerte à Ben Guerdane.
Le tracé envisagé prévoit également des connexions avec les principaux pôles urbains, les infrastructures publiques, les ports et les zones logistiques. Une interconnexion avec l’Algérie, via Annaba à travers les lignes Tabarka–Nefza–Mateur–Jdaida, est programmée, ainsi qu’un prolongement vers Ras Jedir en passant par Mareth et Médenine, avec un raccordement au port de Zarzis. À terme, cette infrastructure pourrait constituer une base pour une intégration plus large aux réseaux maghrébins et africains.
Une liaison ferroviaire vers l’aéroport de Tunis-Carthage
Le Conseil a également examiné le projet de connexion de Aéroport international de Tunis-Carthage au centre-ville de Tunis via le réseau ferroviaire. Le projet sera réalisé en trois phases, selon le tracé proposé par la Société des transports de Tunis.
La première phase reliera l’avenue de la République à la zone de la Perle du Lac, puis à l’aéroport sur un linéaire de 8 km. La deuxième phase s’étendra entre la Perle du Lac et Le Kram (zone de services Khéreddine) sur 10 km, tandis que la troisième reliera Jardins de Carthage, Aïn Zaghouan et Bhar Lazreg (hôpital Mongi Slim) sur 4 km.
Dans ce cadre, une consultation a été lancée pour l’acquisition de 30 nouvelles rames de métro afin d’assurer l’exploitation du réseau existant et de la future ligne aéroportuaire. Par ailleurs, plusieurs opérations sont programmées dans le cadre du plan de modernisation du transport urbain ferroviaire : réhabilitation de 80 rames, maintenance lourde de 55 rames et acquisition de 15 nouvelles unités.
Extension de l’aéroport : cap sur 18,5 millions de passagers
Le projet d’extension de l’Aéroport international de Tunis-Carthage constitue un autre axe prioritaire. Actuellement, la plateforme assure environ 60 % du trafic global des aéroports tunisiens, avec plus de 7,2 millions de passagers par an.
L’objectif est de porter sa capacité à 18,5 millions de passagers à l’horizon 2030. Le programme prévoit la construction d’un nouveau terminal d’une capacité de 11 millions de passagers par an, la réhabilitation et l’extension partielle du terminal existant pour atteindre 7 millions de passagers annuels, ainsi que l’aménagement d’un second terminal d’une capacité de 500 000 passagers.
Selon la cheffe du gouvernement, cette extension s’inscrit dans une vision nationale intégrée du système aéroportuaire, fondée sur la transformation technologique et la digitalisation, afin de renforcer la compétitivité du secteur, soutenir le tourisme et positionner la Tunisie comme hub régional du transport aérien.
Le port en eaux profondes d’Enfidha, projet phare
Le Conseil s’est également penché sur le projet de port en eaux profondes et de zone de services logistiques à Enfidha. Présenté comme un projet national stratégique, il ambitionne de renforcer les échanges commerciaux et de dynamiser l’économie.
Implanté sur un site de 3 000 hectares, dont 1 000 hectares dédiés au périmètre portuaire et 2 000 hectares à une zone logistique et industrielle, le futur port comprendra un terminal à conteneurs capable d’accueillir des navires de grande capacité. Le site sera relié aux réseaux routiers, autoroutiers et ferroviaires.
Le projet, qui pourrait générer jusqu’à 52 000 emplois, vise à positionner la Tunisie comme plateforme logistique régionale en Méditerranée, tout en intégrant des exigences environnementales dans sa conception.
Accélération recommandée
À l’issue de la réunion, le Conseil a recommandé d’accélérer la mise en œuvre de l’ensemble de ces projets stratégiques inscrits dans le plan de développement 2026-2030, avec un démarrage immédiat des procédures relatives au port en eaux profondes d’Enfidha. Il a également été décidé de privilégier une réalisation progressive par tranches fonctionnelles, afin d’assurer une rentabilité économique et opérationnelle rapide des infrastructures mises en service.
Gnetnews