Habits de l’Aïd : Les parents désemparés face à la flambée des prix (Vidéo)

30-05-2019


Avec l’inflation qui persiste en ce mois saint, et avec un pouvoir d’achat qui s’est détérioré dans une proportion de 88% entre 2010-2018 (selon les statistiques de la banque mondiale), les parents en ce moment, peinent pour survivre à un mois entier d’incessantes dépenses…

A l’approche de l’Aid El Fitr, les différents centres commerciaux sur le grand Tunis, connaissent une forte activité commerciale. Les boutiques sont surtout fréquentées par les parents, accompagnés de leurs enfants, pour acheter les habits, les jouets de l’Aïd, et les pâtisseries...

Dans une boutique dans les souks de la médina, une maman de cinq enfants, nous a confié : « c’est dur d’assurer les tenues de l’Aïd pour tous mes enfants. Mon budget est limité, je ne vais donc acheter, que ce dont ils ont besoin ! Pas de gâteries supplémentaires… », a-t-elle lancé avec amertume.

Une autre parente sortie d’une boutique, à l’avenue Habib Bourguiba, sans aucun achat dans la main, nous a expliqué sa déception : « les prix sont juste surréalistes, la paire de chaussure est à 100 dinars au minimum, comment faire pour acheter toute une tenue, pour chacun de mes enfants ? ».

« Avec le même budget qu’il y a 10 ans, les gens ne peuvent plus se permettre les mêmes dépenses, surtout que les tarifs des vêtements ont triplé », a ajouté un commerçant de prêt à porter pour femmes, à la médina de Tunis.

« La plupart des clients visitent les boutiques, observent les prix, mais ne passent pas à la caisse », déplore-t-il. « Avant, l’affluence augmentait périodiquement, pendant la rentrée scolaire, ou les fêtes de l’Aïd, durant l’été...

« Ces dernières années, cette réticence est maintenue tout le long de l’année… ».

Un commerçant explique la raison de cette hausse des prix, « auparavant, la marge bénéficiaire, était homologuée et contrôlée, soit 30% pour la pièce.

« Actuellement, même un bénéfice de 5% est devenu insignifiant en termes de valeur. Un vêtement vendu à 30 dinars par exemple, et dont le prix est souvent négocié avec le client, ne dégage pas grand-chose pour le marchand s’il est vendu à 25 dinars. Malgré cela, on est contraint de vendre maintenant, car la marchandise ne sera pas valable à la vente l’année prochaine, surtout avec les tendances de mode qui changent rapidement. »

Reportage réalisé par Emna Bhira et Wissal Ayadi

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