Iran – États-Unis : cessez-le-feu fragile, négociations dans l’impasse
Deux mois après le déclenchement des hostilités, les deux belligérants cherchent une sortie de crise sans parvenir à s’entendre sur ses conditions.
La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, déclenchée le 28 février 2026, a officiellement suspendu ses combats depuis le 8 avril. Mais la paix est loin d’être acquise.
Retour sur un conflit éclair aux conséquences durables
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, après près de 40 jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région. Ce conflit, baptisé « guerre d’Iran de 2026 », a notamment vu la mort du Guide suprême Ali Khamenei dès le premier jour des frappes, le 28 février, suivi de la désignation de son fils Mojtaba comme nouveau Guide le 8 mars.
Des négociations au point mort
Depuis la trêve, les discussions peinent à aboutir. Téhéran a soumis aux États-Unis une nouvelle proposition le 1er mai pour tenter de débloquer les pourparlers, via le Pakistan, médiateur entre les deux parties. Mais la réponse américaine a été cinglante : Trump s’est dit « pas satisfait » de cette offre, avertissant que l’alternative aux négociations consistait à « pulvériser » la République islamique. Il a par ailleurs évoqué la possibilité de prolonger le blocus contre l’Iran « pendant plusieurs mois ».
Du côté iranien, le ton est à la résistance mais à la retenue. Le chef du pouvoir judiciaire a affirmé que Téhéran n’a « jamais refusé le dialogue », tout en rejetant toute politique imposée sous la contrainte.
Le détroit d’Ormuz, nerf de la guerre économique
Le vrai bras de fer se joue désormais sur le plan économique. Washington maintient un blocus sur les ports iraniens en représailles au verrouillage du détroit d’Ormuz par Téhéran, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde. L’Iran entend faire du détroit un levier de négociation, avec des droits de passage dont les médias évoquent un montant d’un dollar par baril transporté.
Un équilibre précaire
Le cessez-le-feu a été prolongé sine die par Trump le 21 avril. Mais les signaux restent contradictoires : Trump affirme vouloir une solution négociée tout en multipliant les menaces, tandis que Téhéran, affaibli militairement et sous pression économique, cherche à négocier sans paraître capituler. La situation reste suspendue à la prochaine offre — et à la prochaine humeur de la Maison Blanche.