La sécurité alimentaire de la Tunisie est menacée (Zar)

23-04-2019

Le secteur agricole tunisien en marche vers une révolution technologique ? C’était le thème du séminaire technique et scientifique organisé par l’Institut National des Grandes Cultures (INGC), ce mardi 23 avril à Tunis, à l’occasion de son 10ème anniversaire. Cet évènement a pour objectif de mettre l’accent sur le rôle des nouvelles technologies pour une meilleure productivité et rentabilité des grandes cultures.

Le secteur agricole n’échappera pas à la digitalisation. Drones, logiciels informatiques ou encore applications pour smartphones. Autant d’outils qui permettent d’aider l’agriculteur à la prise de décision au moment opportun et à améliorer, par conséquent, sa production sur les plans quantitatif et qualitatif.

Ce séminaire a réuni de nombreux experts nationaux et internationaux afin de répondre aux défis technologiques que nous impose le monde moderne. Il s’agit en réalité de mettre à niveau le secteur des grandes cultures en Tunisie…un secteur en mal de productivité et donc de rentabilité. En effet, si nos voisins européens et nos partenaires outre-Atlantique ont déjà franchi le pas il y a des années, la Tunisie reste à la traîne.

Oussama Kheriji, président de l’Institut National des Grandes Cultures, nous explique l’importance pour le secteur agricole, et notamment celui des grandes cultures de se mettre à niveau. « Nous devons nous orienter vers la SmartAgriculture. Nous allons travailler avec des sociétés tunisiennes et étrangères afin de développer de nouvelles technologies adaptées à notre agriculture. Nous allons envoyer des ingénieurs à l’étranger pour qu’ils bénéficient de formation dans ce domaine ». Kheriji a ajouté que l’INGC a noué des partenariats avec des réseau d’entreprises américaines et espagnoles et au niveau local avec l’Ecole Nationale des ingénieurs.

La Tunisie n’arrive pas à être autosuffisante en termes de céréales. En 2018, 700.000 tonnes de blé ont été importés, 900.000 tonnes sont prévues pour 2019. D’après Abdelmajid Zar, Président de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche, « la sécurité alimentaire du pays est menacée ». Le leader syndical dénonce l’absence de politique agricole nationale, le peu de budget accordé à la recherche scientifique ». Toujours selon Zar, le développement des semences locales n’ont pas été mises à jours depuis 40 ans.

Il a par ailleurs rappelé que « le secteur agricole était un élément essentiel à la paix sociale et donc à la stabilité nationale ».
Le représentant syndical a exhorté les autorités à s’orienter vers une réforme complète du secteur agricole. « De nombreux agriculteurs vendent à perte aujourd’hui. C’est un grand danger parce que nombreux sont ceux qui abandonnent leurs exploitations. De plus, il y a de moins en moins de terrains agricoles qui permettent la production des grandes cultures ».

De son côté, le gouvernement affirme avoir une stratégie nationale pour la sécurité alimentaire. Pourtant le ministre de l’Agriculture, Samir Taieb, présent à ce séminaire est incapable d’en donner le contenu, ni le budget alloué. Cela en dit long sur l’implication des pouvoirs publics dans ce qui représente une des politiques majeures de l’économie du pays.

Wissal Ayadi

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun