Le procès de l’assassinat de Salah Ben Youssef s’ouvre ce jeudi à Tunis

16-05-2019

«Le procès des personnes impliquées, et celles qui ont participé, dans l’assassinat du dirigeant politique et militant nationaliste, Salah Ben Youssef, ( 1961), s’ouvre aujourd’hui, jeudi 16 mai 2019, à la chambre criminelle spécialisée de justice transitionnelle, auprès du tribunal de première instance de Tunis», a déclaré Afif Ben Youssef, l’avocat chargé de l’affaire, lors d’une conférence de presse tenue hier mercredi.

L’avocat a cité six accusés dans l’assassinat du militant Salah Ben Youssef, en l’occurrence : L’ancien président Habib Bourguiba, Hassan Ben Abdel Aziz Ouerdani, Béchir Zarg Laayoun, Abdallah Ben Mabrouk Ouerdani et Mohamed Ben Khalifa Mehrez, ils sont accusés d’homicide volontaire avec préméditation, et Hmida Ben Tarhout accusé "de complicité avec participation".

« Les parties impliquées dans cette affaire, sont l’Etat tunisien, la présidence de la république qui a commandé ce crime, la garde nationale à travers Béchir Zarg Laayoun, le directeur du cabinet présidentiel, le ministère de l’intérieur, et le ministère des affaires étrangères ».

« Les investigations ont montré que l’ambassade tunisienne à Berne, a été mise à la disposition des accusés, et les a aidés à se procurer des passeports falsifiés, qui leur ont permis de se rendre tranquillement, en Allemagne et de perpétrer le crime », a expliqué l’avocat.

« En effet, les autorités allemandes étaient au courant des identités des accusés, qui ont choisi de quitter le territoire allemand pour passer la nuit dans un hôtel en Suisse, avant de retourner en Tunisie, lors de l’assassinat. »

« Remuer la plaie en ce moment en particulier, à l’approche des élections n’a aucun sous-entendu politique. La justice transitionnelle doit jouer son rôle, et empêcher la récidive », a révélé Lotfi Ben Youssef, le fils du militant.

« Les familles des martyrs Chokri Belaid, et Mohamed Brahmi, ne doivent pas attendre comme nous, 30 ans pour savoir qui a tué leurs proches… », a-t-il déploré.

« C’est un moment historique pour tout le tiers monde, car, pour la première fois, un procès au sujet d’un assassinat politique se déroule dans le pays même, du militant opposant en question. C’est une preuve de la réussite de la transition démocratique », a-t-il ajouté.

L’instance Vérité et Dignité avait transmis le dossier de l’assassinat à la juridiction spécialisée du tribunal de première instance, de Tunis en décembre 2018.

L’IVD avait identifié les auteurs présumés de ce crime d’Etat, et dévoilé les circonstances de l’assassinat, en se basant sur des documents d’archives obtenus en Allemagne et en Tunisie.

Emna Bhira