L’OIM appelle le gouvernement à autoriser le débarquement des migrants au port de Zarzis

03-06-2019

Soixante-quinze migrants, dont au moins cinq dans un état de santé nécessitant des examens et des soins médicaux urgents attendent, depuis Vendredi 31 Mai 2019, une autorisation de débarquement au port de Zarzis, Médenine, annonce l’Organisation internationale des migrations (OIM) dans un communiqué dont une copie est parvenue ce lundi à Gnet.

Les rescapés, secourus par le navire Maridive 601, comptent 64 Bangladais, 9 Egyptiens, un Marocain et un Soudanais, dont au moins 32 enfants et mineurs non accompagnés. Ils ont besoin d’urgence d’eau, de nourriture, de vêtements, de couvertures et surtout d’assistance médicale.

Le capitaine a lancé un cri de détresse en assurant que les équipements de sécurité étaient largement insuffisants par rapport au nombre total de personnes à bord.

L’organisation internationale pour les migrations (OIM), exprime son inquiétude profonde quant à l’état de santé des migrants et réitère son appel au gouvernement Tunisien pour autoriser le débarquement des migrants au port de Zarzis.

« Nous nous tenons prêts à apporter toute assistance nécessaire en termes d’hébergement d’urgence, de soins médicaux, de nourriture, d’accompagnement psychosocial des rescapés, en étroite collaboration avec les autorités et les équipes mobilisées du Croissant Rouge Tunisien et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés » affirme Mme Lorena Lando, chef de mission de l’OIM en Tunisie.

Le Croissant Rouge Tunisien a d’ailleurs pu identifier plusieurs sites potentiels d’hébergement d’urgence à Zarzis, Médenine et Tataouine.

Les équipes de l’OIM qui ont accompagné les visites et l’identification des sites potentiels, se sont mobilisées pour assurer l’approvisionnement en denrées alimentaires et kits d’hygiènes, préparer un plan transfert des rescapés vers le site d’hébergement désigné, notifier les services de santé locaux des cas signalés par le capitaine du navire et assurer la liaison avec les ambassades et représentations diplomatiques.

« Nous avons tous une obligation morale, juridique et politique de porter secours à ceux qui sont en danger. Les mineurs et les personnes malades doivent être évacuées d’urgence » poursuit Mme Lando, « La Tunisie a toujours montré sa solidarité et a témoigné de beaucoup de générosité en accueillant, tout au long de son histoire, des personnes en détresse. Nous comprenons les difficultés et l’ampleur des défis que les flux migratoires peuvent poser et nous travaillons à appuyer les capacités de secours et d’assistance.

L’OIM continuera à soutenir les efforts du gouvernement Tunisien, des partenaires du Croissants Rouge Tunisien et des organisations mobilisées pour sauver les gens en mer et fournir des solutions dignes et durables. »

Ce sauvetage est le dernier de plusieurs sauvetages d’embarcations de fortune transportant des migrants qui fuient les violences croissantes et les atteintes à leurs droits fondamentaux perpétrées dans plusieurs régions en Libye.

« Nous saluons les efforts de sauvetage mais restons toutefois préoccupés par les politiques de plus en plus restrictives adoptées par plusieurs pays du nord de la Méditerranée et qui affectent directement les obligations des Etats en vertu du droit international et du devoir d’assistance à toute personne en danger en manquant de fournir les garanties adéquates pour des personnes vulnérables. Nous soulignons la responsabilité de tous les Etats membres pour assurer la protection et les droits humains des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.», ajoute Mme Lando.

Seule une action concertée et inclusive pourrait apporter une réponse efficace aux drames quasi-quotidiens qui accompagnent les tentatives de traversées en Méditerranée, en Afrique et dans le monde. Il faut agir en urgence pour sauver les femmes, les hommes et les enfants en mer et fournir des alternatives sûres, régulières et dignes à ces routes dangereuses.

Communiqué

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun