L’OMS suspend les essais cliniques avec l’ hydroxychloroquine

26-05-2020

AFP – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir suspendu «temporairement» les essais cliniques avec l’hydroxychloroquine qu’elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution. Cette décision prise samedi fait suite à la publication d’une étude la veille dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l’hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle.

L’OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l’hydroxychloroquine, baptisés «Solidarité», dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19. Actuellement, «plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3500 patients ont été recrutés dans 17 pays», a expliqué le patron de l’OMS.

Selon la vaste étude parue dans The Lancet, ni la chloroquine, ni son dérivé l’hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d’arythmie cardiaque.

L’étude a analysé des données d’environ 96 000 patients infectés par le virus Sars-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15 000 d’entre eux ont reçu l’une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l’antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81 000 malades du groupe témoin n’ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menées par l’OMS et ses partenaires concernant l’hydroxychloroquine seront suspendus le temps que «les données» recueillies par les essais Solidarité «soient examinées», a indiqué Tedros Adhanom Ghebreyesus. «Il s’agit d’une mesure temporaire», a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département scientifique à l’OMS.

L’hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l’hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde. Ce dérivé connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l’hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l’azithromycine.

L’effervescence a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s’en est fait l’apôtre, au point d’en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif. Il a néanmoins indiqué dimanche avoir arrêté. «Terminé, je viens de terminer», a-t-il dit dans une interview au Sinclair Broadcast Group. «Et, au fait, je suis toujours en vie. Pour autant que je sache, je suis là.»

Lundi, le chef de l’OMS a tenu à rappeler qu’hydroxychloroquine et chloroquine «sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme».

Malgré le choix de l’OMS, le ministère brésilien de la santé a annoncé qu’il maintiendrait sa recommandation d’utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter le nouveau coronavirus. «Nous restons très calmes et sereins, et il n’y aura aucune modification» dans nos consignes, a déclaré Mayra Pinheiro.

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