Migration professionnelle : Des chasseurs de tête et des candidats à l’emploi réunis lors d’un forum

13-06-2019

Avant même l’ouverture du Forum, ils étaient déjà une cinquantaine de candidats à attendre devant la porte. De jeunes tunisiens, tous désireux de vivre une expérience professionnelle à l’étranger. C’était le but du forum pour l’emploi à l’international organisé par le Ministère des Affaires Sociales en partenariat avec l’Union Européenne hier, mercredi 13 Juin, à Tunis.

Cet évènement s’inscrit dans le cadre de la composante « migration du travail et mobilité professionnelle internationale » du projet « Lemma » financé par l’Union Européenne et porté par Expertise France. Il a permis de mettre en relation des candidats tunisiens à la migration de travail et des entreprises recruteuses à l’international. C’était également l’occasion de promouvoir les voies légales de la migration professionnelle vers l’Union européenne et le Canada.

La cérémonie d’ouverture a été organisée en présence notamment de Saida Ounissi, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Dans un entretien accordé a Gnet, elle explique que « cet évènement va permettre à de jeunes tunisiens d’aller se faire une expérience à l’étranger. Il permet également de trouver une alternative à la migration clandestine en offrant des emplois via des voies légales. Nous voulons aussi montrer que le ministère soutient les candidats dans leur volonté de travailler à l’étranger ».

Une croissance économique en berne, un pouvoir d’achat qui ne cesse de baisser et les désillusions de la révolution de 2011, poussent chaque année des milliers de Tunisiens à aller s’installer à l’étranger pour une vie meilleure. Une fuite des compétences qui, à terme, pourrait devenir une vraie menace pour l’emploi en Tunisie. « Le taux de retour des tunisiens est faible mais il existe. Le ministère essaie de mettre en place des politiques publiques et des programmes pour faciliter la migration circulaire. Nous voulons que ces Tunisiens reviennent en Tunisie après une expérience à l’étranger pour monter leur propre projet. Et cela marche bien, notamment pour les jeunes apprentis qui vont faire un stage à l’étranger et qui reviennent dans le cadre de leur formation professionnelle », souligne la ministre.

Mais la réalité semble toute autre dans le forum… Dans les allées, GnetNews a rencontré Ahmed, jeune informaticien de 31 ans. A la main, il tient une pochette…à l’intérieur se trouve une dizaine de diplômes et de certifications en tout genre. « J’ai fait de nombreuses formations pour avoir plus de chance de trouver un emploi en Tunisie. Mais malheureusement je n’y arrive pas. Ou alors quand je décroche un poste, on me propose un salaire qui ne va pas au-delà de 600DT. C’est trop peu ! ». Ahmed a donc a pris la décision de tenter sa chance à l’étranger. Pour lui, pas de préférence pour un pays ou un autre… « Je veux partir coûte que coûte ». Enfin, il a finalement avoué que « si cela marche, je ne reviendrai pas en Tunisie. Pour moi c’est un aller sans retour ».

Une cinquantaine d’entreprises venus de différents pays d’Europe mais aussi du Qatar, d’Arabie Saoudite, ou encore de Mauritanie, se sont déplacées afin de trouver des candidats potentiels à la migration professionnelle.

Autre pays très bien représenté avec trois entreprises présentes, le Canada. Cette destination est depuis quelques années très prisée des prétendants à l’immigration.

GnetNews a rencontré Caroline Vachon. Elle est directrice générale adjointe dans un centre de développement économique et de développement du territoire de la région Centre-Québec. Elle est ici pour informer les candidats sur les conditions de vie au Canada. « Le but de ma présence ici est de présenter la vie au Québec aux candidats qui désirent venir y travailler. Le Canada est un pays très accueillant où il y a des belles opportunités d’emploi ».

Selon elle, les secteurs les plus demandés outre-Atlantique sont ceux des technologies de l’information, de la métallurgie (soudure, machinistes, mécaniciens…). Il y a également des carences au niveau des services à la personne surtout dans le domaine de la santé, mais aussi dans la peinture (bâtiment), la pâtisserie ou encore la restauration. « Nous avons remarqué qu’il y a de très bons profils en Tunisie. De plus, nos valeurs et nos principes sont proches, notamment au niveau de l’image de la femme. Il y a la volonté chez les Tunisiens de faire de leur métier un projet de vie. Ainsi, beaucoup de candidats ont manifesté leur volonté de migrer en famille, et nous sommes très honorés qu’ils choisissent le Canada », ajoute Caroline Vachon.

Avant de pouvoir passer un entretien, les candidats peuvent, s’ils le souhaitent, s’entraîner au speed-dating lors d’un atelier spécial en présence de coach de vie et de spécialistes en ressources humaines.
Pour ce forum, 600 candidats ont été présélectionnés via l’ANETI (Agence pour l’emploi et le travail indépendant) et l’ATCT (Agence tunisienne de coopération technique). En tout 220 postes sont à pourvoir.

Wissal Ayadi

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