Mouled : les mises en garde d’un expert de l’OMS contre les dangers cachés du zgougou
À l’approche des célébrations du Mouled, le spécialiste en santé unique (One Health) et en toxicologie Youssef Hamdouni, expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les questions de sécurité alimentaire, a lancé, dimanche, un appel à la prudence concernant l’achat de zgougou (pin d’Alep) et de fruits secs. Il recommande d’éviter les circuits de vente non agréés, en raison des risques sanitaires que peut engendrer un stockage défaillant — au premier rang desquels la contamination par les aflatoxines.
Dans des propos recueillis par l’agence TAP, il a rappelé que les aflatoxines constituent une famille de mycotoxines redoutables, sécrétées par certains champignons capables de proliférer lorsque les conditions de conservation sont mauvaises, notamment dans la chaleur et l’humidité. Une exposition répétée à ces substances, a-t-il averti, peut endommager sérieusement le foie, fragiliser les défenses immunitaires et accroître, à terme, le risque de cancer hépatique.
Un produit globalement fiable lorsqu’il provient de circuits contrôlés
L’expert a reconnu que le zgougou, très prisé durant cette période de l’année, peut effectivement être contaminé en cas de mauvaises conditions d’entreposage. Il a néanmoins tenu à nuancer ce constat, rappelant que les contrôles sanitaires officiels réalisés de façon régulière révèlent que la grande majorité des lots vendus via des filières légales respectent les normes sanitaires et ne présentent pas de traces d’aflatoxines.
Selon lui, le danger provient avant tout des graines d’origine incertaine, ou ayant séjourné longtemps dans des lieux humides et peu salubres. Il invite donc les consommateurs à privilégier les commerces réglementés et ouverts au contrôle public, ainsi que les produits conditionnés portant un étiquetage précis, notamment une date limite de consommation lisible.
Quelques réflexes avant l’achat et à la maison
Youssef Hamdouni conseille par ailleurs d’examiner attentivement les denrées avant achat, à la recherche d’éventuels signes suspects : moisissures, humidité, présence d’insectes ou traces de leur passage, ou toute odeur ou apparence inhabituelle. Une fois à la maison, il recommande de conserver le zgougou dans un endroit sec, frais, et à l’abri à la fois de la lumière du soleil et de l’humidité ambiante.
Il conclut en invitant les familles à adopter de bons réflexes dans la manipulation et le stockage des aliments au quotidien, rappelant que la meilleure prévention commence dès le choix du point de vente, se poursuit par des conditions de conservation adaptées, et implique de renoncer sans hésiter à tout produit présentant le moindre signe d’altération.