Peine de mort : Kaïs Saïed devra revenir immédiatement sur son « annonce inquiétante qui fera reculer la Tunisie » (Amnesty)

30-09-2020

« L’annonce du président Kaïs Saïed, approuvant la peine de mort, suscite un choc, et est contraire aux pratiques ancrées depuis des décennies, qui consistent à ne pas procéder à des exécutions ». « Kaïs Saïed est le premier président qui annonce son intention d’appliquer la peine de mort en Tunisie« , s’élève Amnesty International, ce mercredi 30 septembre, rappelant que la Tunisie n’a appliqué aucune peine capitale depuis 1991.

Dans un communiqué rendu public sur sa page officielle, Amnesty considère que « la reprise de l’application de la peine de mort sera un coup porté à toute avancée dans le domaine des droits de l’Homme ». L’ONG appelle le chef de l’Etat à revenir immédiatement sur son « annonce inquiétante, qui risque de faire reculer la Tunisie ».

Elle appelle le gouvernement « à décréter immédiatement un moratoire officiel sur la peine de mort, en vue de son abolition ».

« Sans doute que le meurtre est un crime odieux, et les coupables doivent être traduits en justice. Mais, quelque horribles soient les crimes commis, il ne faudrait pas qu’il y ait mort d’homme », considère l’organisation. « Il n’y a pas de preuves confirmant que la peine de mort dissuade le crime d’une manière plus efficiente que la peine de prison après un procès équitable », ajoute-t-elle.

« Amnesty International rejette la peine de mort dans tous les cas de figure, étant une violation du droit à la vie, comme le stipule la déclaration universelle des droits de l’homme, c’est la sanction la plus cruelle, et est inhumaine et humiliante ».

« La Tunisie vote depuis 2012 en faveur de la résolution de l’Assemblée Générale des Nations-Unies, sur la suspension de toute application de la peine capitale », conclut-elle.

Gnetnews

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