Rassemblement des cadres moyens de l’administration devant les portes de l’ENA (Vidéo)

03-10-2019

Le syndicat des diplômés de l’Ecole nationale d’administration a organisé un sit-in devant les portes de l’école ce jeudi 3 octobre. C’est la deuxième journée de mobilisation depuis le mois de septembre. Il s’agit des diplômés ayant suivi la formation des cadres moyens (A2).

Ils étaient une vingtaine de personnes à s’être rassemblées devant les porte de la prestigieuse école à Mutuelleville. De nombreux policiers étaient présents, alors que la manifestation avait lieu dans le calme le plus total.

Ils réclament la création d’un statut particulier pour les diplômés de cette filière. GnetNews a rencontré Hatem Chebbi. Il est membre du syndicat et cadre au sein de la présidence du gouvernement. Selon lui, «l’école, depuis sa création, fait de la discrimination. Elle donne un statut particulier aux conseillers de services publics alors que nous, non. Nous sommes l’élite du pays. Nous sommes formés pendant toute une année et nous ne bénéficions pas du statut particulier. Nous sommes connus pour notre discipline, pour nos compétences dans tous les domaines et là nous sommes marginalisés dans l’administration publique ».

Au sein de l’ENA, il y a trois types de concours :

–          L’un accessible avec un bac+2 qui donne accès aux postes d’attachés d’administration

–          L’autre accessible avec un ba+4 ou une licence pour former les administrateurs

–          Et un autre pour les conseillers de services public accessible avec un Master ou un diplôme d’ingénieur

Ces derniers disposent d’un statut particulier depuis 1984 qui leur permet de bénéficier de promotion et donc d’évoluer dans les grades et les postes. Chaque année, environ 5000 personnes passent les concours de l’ENA, seule une centaine de chanceux auront accès à la formation la plus prestigieuse du pays.

En 2017, le syndicat a déposé un projet de décret gouvernemental auprès de la présidence du gouvernement pour donner naissance à un statut particulier, régissant les administrateurs des services publics.

Ils déplorent le style de gouvernance employé dans le domaine de la fonction publique basée sur l’inégalité entre les corps administratifs et obéissant à d’autres critères que la compétence et la discipline. « Cela ne favorise pas un climat de productivité et de développement du pays », martèle Hatem Chebbi.

Toujours selon Chebbi, le gouvernement n’a pas accédé à leur revendication car, dit-il « nous n’avons pas fait de concessions politiques et nous sommes restés toujours neutre politiquement. Nous sommes un syndicat indépendant et là nous payons la facture de cette discipline et de cette neutralité ». Il ajoute également que « quand on marginalise l’élite administrative du pays on ne peut pas être digne de le diriger ».

Le SDENA déplore également la chute du niveau de l’ENA. Il justifie cette détérioration par « l’incompétence de la direction et du gouvernement ». Le jeune syndicaliste affirme que « la direction de l’Ecole fait appel à des enseignants qui sont incompétents et qui sont là juste pour faire leurs heures », en ajoutant que « les postes d’enseignants sont donnés par voie de copinage ».

Les protestataires sont dans l’attente d’une réunion prévue avec Kamel Morjane, qui devait déjà se tenir mardi dernier mais qui a été annulée au dernier moment.

Malgré les menaces lancées par la direction de l’école…le syndicat a promis d’hausser le ton, si le gouvernement n’accède pas à leurs demandes. En effet, les cadres de l’administration menacent d’observer une grève générale menant ainsi à un arrêt complet de la machine administrative.

Wissal Ayadi

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