Reportage au marché de gros de Bir El Kassaa, à la veille du Ramadan

23-04-2020

A la veille du premier jour du mois saint de ramadan, c’est l’effervescence au marché de gros de Bir-El-Kassa à Tunis. Des milliers de voitures font la queue afin d’accéder à ce qui est le plus important marché de gros du pays. En cette période de crise sanitaire, des mesures de prévention ont été mises en place afin de limiter la propagation du Covid-19. Nous étions aussi attentifs aux prix, qui ont depuis l’apparition de la pandémie en Tunisie augmenté sensiblement.

A l’entrée du marché de gros, une file interminable de voitures qui tentent de se frayer un chemin pour accéder à cet antre des fruits, légumes et poissons. Agriculteurs, vendeurs, revendeurs ou simples citoyens, tout le monde se prépare à l’arrivée du Ramadan, dans un contexte bien particulier de crise sanitaire.

Chaque véhicule se voit désinfecté à l’aide de jets disposés à l’entrée du parking. Une caméra thermique a également été mise en place afin de prendre la température de tous les entrantsau marché. Pour les piétons, un tunnel de désinfection a été également installé. « Toutes ces mesures ont été prises afin de protéger tous les visiteurs du marché », nous explique Faten Ouerghi, directrice générale de la Société Tunisienne des Marches de Gros (SOTUMAG).

« Aujourd’hui, nous avons une affluence exceptionnelle car nous sommes à la veille du premier jour du ramadan », ajoute-t-elle. Afin d’approvisionner les Tunisiens en nourriture, pas moins de 1600 tonnes de fruits, légumes et poissons ont été mis à la disposition des revendeurs et des consommateurs, bien plus qu’en 2019. « Nous devions répondre à la pression de la demande en vue du mois saint », souligne Mme Ouerghi.

Depuis le début du confinement, les prix ont augmenté. Un constat relevé également par la Banque Centrale de Tunisie. Pourtant, au marché de gros, les prix sur les produits du panier de la ménagère semble stables. Le kilo de tomate est de 1,5DT, les piments oscillent entre 1,2DT et 1,6DT, quant au kilo de pomme de terre, il se situe à environ 1,1DT. Pour l’oignon cela va de 800 millimes à 1DT pour un kilo.

« Pour l’instant, les prix sont correctes, mais je suis sûre que cela va changer une fois que nous entrerons dans le mois de ramadan », déplore un revendeur qui nous interpelle.

Les prix des fruits sont un peu élevés. Un autre commerçant nous explique que le kilo de melon atteint les 4DT et 7DT pour le kilo d’abricot.

Certains produits ont atteint des sommes importantes, à l’instar du persil, très utilisé dans les usines  tunisiennes. Le prix de botte chez un grossiste peut grimper jusqu’à 15DT.

Au détour d’une allée, nous trouvons un groupe d’agriculteurs mécontents. « Nous sommes assaillis par les taxes et les impôts, il faut que l’Etat nous aide », lance l’un d’eux. Un autre déplore la hausse du prix du gasoil. « Avec cette crise du coronavirus, le prix du pétrole a chuté alors je ne comprend pas pourquoi cela ne se répercute pas sur les prix à la pompe », déplore-t-il.

La Dircetrice du marché de gros rassure. Elle explique qu’il n’y aura pas de problème de réapprovisionnement et que le contrôle des prix sera rigoureusement renforcé.

Retrouvez dans la vidéo ci-dessus, un reportage au cœur du Marché de gros de Bir El Kassaa.

Wissal Ayadi

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