Sommet arabe : La Tunisie s’évertue à réussir l’organisation, mais pas de résultat spectaculaire attendu !

29-03-2019

La Tunisie n’a pas lésiné sur les moyens sur le plan logistique et sécuritaire, pour assurer une organisation irréprochable du Sommet arabe ce dimanche 31 Mars 2019, au palais des congrès de Tunis. Rien n’a été laissé au hasard pour permettre le déroulement, d’abord, des réunions préparatoires ayant démarré le 26 Mars dernier, et ensuite du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, dans les meilleures conditions possibles.

La tenue du sommet arabe en Tunisie a une connotation particulière, dans la mesure où il a lieu dans le seul pays arabe qui a, plus ou moins, réussi sa transition politique pacifique, et qui se prévaut d’être une démocratie naissante dans une région réfractaire au concept démocratique. Tunis se garde, néanmoins, de toute velléité d’exporter son modèle, attachée qu’elle est à des relations étroites, fraternelles et apaisées, avec tous les pays de la région, au nom du principe de non-ingérence et de neutralité, une constance de sa diplomatie.

En étant le pays hôte du sommet, la Tunisie se veut réaliste, et n’affiche aucune prétention d’en peser sur les travaux, ou l’issue, sauf à apaiser, autant que faire se peut, les tensions ; à plaider pour plus de concorde interarabe, et pour une relance de l’action arabe commune ; et à appeler à un règlement pacifique des conflits en cours. Des vœux pieux, face à la désunion des pays de la région, inscrits dans une politique des axes et des alliances, et des ingérences tous azimuts dans les affaires intérieures de la région, qui voit, impuissante, son destin lui échapper.

Le statu quo devra perdurer !
La 30èmé édition du sommet arabe se tient dimanche à Tunis, à l’heure où la région est déchirée par les guerres et les conflits armés, et est confrontée à des défis économiques et sécuritaires menaçant son présent et son avenir. Les rois et les présidents arabes qui seront nombreux dimanche au palais des congrès, se retrouvent au moment où les peuples se soulèvent notamment en Algérie et au Soudan, pour dire non aux régimes autocratiques, et exprimer leur aspiration à la liberté, à la démocratie, et à la dignité.

L’heure est grave et critique pour le monde arabe, mais aucun résultat spectaculaire n’est à attendre du sommet de Tunis, le statu quo demeurera une fois, ses travaux clos, et sa déclaration finale rendue publique.

Les dirigeants arabes devraient s’engager à consolider leur action arabe commune, et à coordonner leurs efforts notamment sur les questions sécuritaires, et de sûreté nationale arabe. Ils devront plaider pour une sortie de crise pacifique en Libye, à travers un dialogue inter-libyen sous l’égide des Nations-Unies, et l’amorce de transition politique dans ce pays, en permettant la tenue d’élections libres. Les dirigeants arabes devront se prononcer sur l’après-guerre en Syrie et sur la guerre au Yémen menée par une coalition conduite par l’Arabie saoudite, contre les Houthis.

Comme ils le font à chaque sommet, les Arabes vont réitérer leur soutien à la cause palestinienne, et au peuple palestinien à recouvrer ses droits légitimes et à instaurer son État indépendant, avec pour capitale al-Quds al-Sherif. Un rêve que la politique de Donald Trump rend de plus en plus caduc.

En reconnaissant en décembre 2017 al-Quds comme capitale d’Israël, et en y transférant l’ambassade américaine en Mai 2018, le locataire du bureau ovale a fait voler en éclats l’initiative de paix arabe annoncée en 2002 à Beyrouth, dont l’une des principales clauses est l’appel à un retrait d’Israël dans les frontières de 1967, pour permettre l’avènement d’un État palestinien souverain et indépendant.

Les dirigeants de la région devront réitérer leur refus de cette décision, comme ils devront opposer une fin de non-recevoir à la reconnaissance américaine officielle, lundi dernier, de la souveraineté israélienne sur le Golan occupé en 1967 et annexé en 1981, et apporter leur soutien à la Syrie sur l’intégrité de son territoire, mais ni dans le premier cas, ni dans l’autre, leur position n’aura de prise sur le cours des événements, a fortiori que ce qui se dit dans les sommets, est aux antipodes de ce qui se trame avec les alliés occidentaux. Ce sera un sommet de plus, à inscrire dans les annales de l’organisation pan-arabe qui se débat dans les mêmes échecs depuis 74 ans, à l’époque de sa fondation en 1945.

H.J.

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun