Transition énergétique : la Tunisie trace sa feuille de route 2026-2030 pour contenir le déficit

26-02-2026

Confrontée à un déficit énergétique en nette aggravation, la Tunisie engage un virage stratégique pour la période 2026-2030. L’objectif affiché : transformer un secteur devenu lourdement déficitaire en levier de croissance durable, tout en préservant l’équilibre des finances publiques.

Présentée par le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, devant le Conseil national des régions et des districts, la nouvelle feuille de route s’inscrit dans un contexte marqué par un consensus gouvernemental et parlementaire autour de la souveraineté énergétique, érigée en pilier du prochain plan de développement.

Un déficit énergétique en forte hausse

Les indicateurs sont préoccupants. En 2025, le déficit énergétique a atteint environ 6,3 millions de tonnes équivalent pétrole (tep), soit près de 65 % des besoins nationaux. Cette situation résulte principalement de la baisse de la production nationale et de l’augmentation du coût du gaz naturel sur les marchés internationaux.

Conséquence directe : une pression accrue sur le budget de l’État. Les subventions à l’énergie représentent désormais près de 9 % du budget total, alourdissant significativement les charges publiques dans un contexte économique déjà contraint.

Accélération des renouvelables et efficacité énergétique

Pour inverser la tendance, la stratégie 2026-2030 repose sur deux axes majeurs : l’accélération des projets d’énergies renouvelables et le renforcement des programmes d’efficacité énergétique. L’exécutif mise sur le potentiel national disponible afin de réduire la dépendance énergétique et de rationaliser la consommation.

Les programmes d’efficacité énergétique sont présentés comme un pilier central de la réforme. Ils visent à contenir la demande, diminuer les coûts de production et, à terme, alléger la pression sur les finances publiques.

Parallèlement, le programme économique 2026 insiste sur la mise en place d’un mix énergétique diversifié, conciliant impératifs économiques et exigences environnementales, dans le respect des standards internationaux.

Le projet ELMED, une ouverture vers l’Europe

Parmi les projets structurants évoqués figure le projet ELMED, interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie. D’une capacité estimée à 600 MW et pour un coût d’environ 840 millions d’euros, ce projet pourrait renforcer la production nationale d’électricité et offrir à la Tunisie de nouvelles perspectives d’exportation, notamment vers le marché européen.

De secteur déficitaire à moteur de croissance

À travers cette feuille de route, le gouvernement ambitionne de transformer le secteur énergétique, longtemps considéré comme un consommateur net de devises, en moteur de croissance et de création de richesse. La priorité est double : garantir la continuité de l’approvisionnement sur l’ensemble du territoire à des conditions équitables et protéger l’économie nationale contre les chocs extérieurs.

Réunie mardi sous la présidence d’Imed Derbali, la Commission des plans de développement et des grands projets du Conseil national des régions et des districts a consacré ses travaux à l’examen de la transition énergétique, des concessions et des orientations du plan 2026-2030.

Selon le programme économique 2026, cette nouvelle approche devrait renforcer la compétitivité de l’économie tunisienne tout en consolidant les principes de justice sociale, dans un contexte où la maîtrise de l’énergie s’impose plus que jamais comme un enjeu stratégique national.

Gnetnews