Tunisie/ Libye : La porosité des frontières source d’insécurité

26-09-2019

«Démocratisation, défis sécuritaires et développement en Tunisie et en Afrique », tel était le titre de la conférence-débat organisée ce jeudi 26 septembre, par l’Africa Intiatives Forum en collaboration avec l’institut Averroes.

« Le succès du processus électoral et l’évolution de la situation sécuritaire en Tunisie, sont étroitement liés au développement économique », a souligné le président du Forum Averroes, Kamel Ben Younes.

« Les payés européens, partenaires économiques traditionnels de la Tunisie ont atteint leurs limites en termes de tourisme, d’investissement et de coopération», a-t-il ajouté en rappelant qu’il est temps pour les décideurs africains de diversifier leurs échanges sur le plan international.

Ben Younes a souligné que la conférence précède de quelques jours le sommet Russie – Afrique qui se tiendra le 24 octobre prochain à Sotchi.

« Ce sommet verra la participation des chefs d’État et de gouvernement africains ainsi que des chefs d’entreprises russes et africains, au cours duquel il y aura également la signature d’un nombre important d’accords dans les domaines du commerce, de l’économie et de l’investissement ».

Défis sécuritaires et impact du conflit libyen

Pr Mabrouk Ben Attia, spécialiste de la gestion des risques et de la sécurité, a expliqué les problèmes sécuritaires de la Tunisie, en relation avec la Lybie, proviennent, en majorité, de la porosité de leurs frontières respectives.

La Tunisie reçoit, par conséquent, des flux migratoires importants des réfugiés, a-t-il expliqué en rappelant que d’une autre part la Lybie demeure un grand marché qui fait travailler une bonne partie des gouvernorats du sud tunisien.

Ben Attia a appelé à « préserver les relations bilatérales et le potentiel touristique libyen, et à contrôler la contrebande et l’économie parallèle ».

Selon lui, la situation sécuritaire de la Tunisie est gérable et incomparable au cas libyen. Il a ajouté que « les mercenaires qui ont envahi la Lybie, ont débarqué dans un pays où il y a déjà un problème identitaire, une diversité ethnique, un démantèlement de l’Etat avec la chute de Kaddafi, et aucun moyen de protection des frontières, alors que la Lybie est l’un des plus grands producteurs d’or et de pétrole dans le monde ». 

Défis sécuritaires régionaux

La fragilité du système sécuritaire tunisien après 2011, a poussé l’armée tunisienne à intervenir et à mener un combat armé contre le terrorisme à travers plusieurs régions de la Tunisie, a souligné le président du centre national de la lutte contre le terrorisme, Mokhtar Ben Nasr.

 « Pour lutter contre ce fléau, la stratégie nationale de la lutte contre le terrorisme a été mise en place, suite à la parution de la loi organique n° 2015-26 du 7 août 2015, relative à la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent ».

Il a ajouté aussi que dans ce cadre, il y a eu également la création d’un pôle judiciaire anti-terroriste, du conseil tunisien des analyses financières, et de la commission nationale de lutte contre le terrorisme.

« Le terrorisme a visé les institutions de l’Etat, les établissements touristiques, les politiciens, et les frontières, ce qui a coûté à la Tunisie plusieurs martyrs, et une importante instabilité économique ».

« Il est vrai que les unités militaires et sécuritaires ont réussi à arrêter des centaines de terroristes, et à neutraliser plusieurs menaces et à déjouer des attentats, mais cela reste insuffisant », a-t-il déploré.

Emna Bhira

 

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