Tunisie : Rached Ghannouchi reconnait la responsabilité d’Ennahdha dans le retard pris par les réformes économiques

05-03-2021

Le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, a reconnu que son mouvement assumait une certaine responsabilité en matière de retard pris, dans le redressement de la situation économique qui se dégrade. « Nous assumons une responsabilité, proportionnellement à notre poids au sein du gouvernement », a-t-il déclaré.

Dans un entretien avec le Washington Post, Ghannouchi a admis que « l’expérience de son parti au pouvoir, était, sans aucun doute faible, mais il n’y aucun doute aussi, que nous avons beaucoup appris de cette expérience ».

Il a affirmé que son parti présentait un modèle dans la région, et a fait des concessions pour la démocratie tunisienne : « nous nous sommes persuadés qu’il fallait que l’on travaille avec les laïcs, pour être en compétition avec toute forme de fondamentalisme, qu’il soit sur la base de l’Islam, ou bien de la laïcité ».

Ghannouhi a considéré le terme « islamiste », comme étant désormais « imprécis, dans la mesure où il met sous la même ombrelle ceux qui rejettent la violence, et ceux qui sont liés au terrorisme ». Ce concept est employé, à ses yeux, « pour entretenir l’amalgame et l’ambiguïté ».

La réussite de la démocratie en Tunisie, n’est pas uniquement dans l’intérêt de ce pays, mais aussi dans celui du monde, car c’est un exemple de compromis entre l’Islam et la démocratie, et est là, la meilleure manière de combattre les interprétations extrémistes et violentes, a-t-il estimé.

Au sujet de la marche organisée samedi 27 février par son mouvement, Rached Ghannouchi a indiqué que son objectif était d’envoyer un message selon lequel « la révolution existe encore, et est forte et agissante, afin que tout le monde en connaisse le poids ».

Gnetnews