Un groupe d’impulsion pour booster le partenariat Tunisie/ France

21-05-2019

Le programme du groupe d’impulsion chargé de développer le partenariat économique entre la France et la Tunisie, a été présenté hier lundi 20 Mai à Tunis, lors d’une conférence de presse organisée par l’ambassade de France.

Composé d’experts en matière d’investissements venant des deux pays, ce groupe vise à mettre en œuvre un certain nombre de projets afin de lancer une dynamique de partenariat économique tuniso-français.

C’est l’Ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre-d’Arvor qui a présenté cette initiative. Il a tout d’abord rappelé que « la France constitue le premier partenaire économique de la Tunisie ». En effet, le total des importations et des exportations entre les deux pays représente 20% des échanges commerciaux de la Tunisie.

Pour autant, le représentant de la France en Tunisie a remis les choses dans leur contexte : « un contexte économique difficile depuis 2011 et qui devient de plus en plus critique ». Ainsi il fait état d’une « urgence économique qui pèse sur la qualité de vie et les opportunités des citoyens tunisiens ». Le pouvoir d’achat en baisse, la cherté de la vie, une jeunesse diplômée désespérée, un Etat qui peine à trouver des solutions et qui voit ses services publics se dégrader…

A ces problèmes Olivier Poivre d’Arvor propose « non pas de trouver les responsables mais des réponses. En tant que pays ami, la France se doit d’accompagner la Tunisie dans son processus de développement. ». Et c’est là la principale ligne directrice de la feuille de route proposée par Emmanuel Macron, lors de sa visite en 2018.

L’ambassadeur a annoncé que « la France allait consacrer une part importante de son aide au développement, à l’économie tunisienne. Ainsi, l’AFD investira désormais plus de 250 millions d’euros par an en Tunisie, soit plus de 800 millions de dinars.

Par ailleurs, Poivre d’Arvor a fait part de la volonté du Président Macron à doubler les investissements français en Tunisie à l’horizon 2022. Il s’agira de passer de 700 millions d’euros à 1.4 milliards. Il a également annoncé la mise en place d’une ligne de crédit française de 30 millions d’euros afin de soutenir les PME/PMI tunisiennes.

Cinq secteurs prioritaires ont été identifiés : le tourisme, les transports, la santé publique, le numérique et enfin l’énergie.

En ce qui concerne le tourisme, l’ambassadeur a affirmé que l’objectif était d’atteindre 1 million de visiteurs français en 2019 (800.000 touristes français sont venus visiter la Tunisie en 2018).

Autre secteur a fort potentiel d’investissement pour la France, les transports. Il a été annoncé une nouvelle subvention de 1.5 millions d’euros afin d’appuyer le ministère du Transport dans sa politique de transports urbains. Métro léger de Sfax, mise à niveau de l’infrastructure portuaire et du transport maritime, aéroport Enfidha-Hammamet… autant de projets où la France compte investir beaucoup d’argent.

La France a également affirmé son soutien au secteur de la santé publique qu’elle considère comme un « fleuron historique ». Ainsi, l’AFD participera au financement des hôpitaux de Gafsa (80 millions d’euros) et de Sidi Bouzid (78 millions d’euros).

Trois grands projets dans le numérique
Olivier Poivre d’Arvor a voulu mettre l’accent particulièrement sur le secteur du numérique, qu’il qualifie « d’extrêmement compétitif en Tunisie ». Trois projets structurants verront le jour dans les prochaines semaines. D’abord, le projet ELIFE qui permet à de jeunes diplômés chômeurs d’accéder à des formations certifiantes de qualité. Le premier centre ELIFE sera d’ailleurs inauguré le 3 juillet prochain à Siliana. Autre grand projet dans le numérique, la création de la Station T, inspirée de la Station F française. Il s’agira de doter la Tunisie d’une école du numérique et d’un incubateur. L’inauguration est prévue à l’automne prochain. A ce sujet du numérique, s’est tout de suite posé la question de la « fuite des cerveaux ».

Nombreux sont les ingénieurs qui, faute de trouver un emploi en Tunisie, partent dans d’autres pays et notamment la France. Olivier Poivre d’Arvor a ainsi affirmé que ces projets et programmes étaient une première réponse à cette hémorragie qui frappe la Tunisie. Il a également soutenu que la groupe d’impulsion allait faire de cette question une priorité afin de juguler ce phénomène.

Et enfin, dernier secteur priorisé par la France pour l’investissement, celui de l’énergie. L’aggravation du déficit énergétique et la dépendance croissante à l’égard des importations de gaz, pousse la France à soutenir la Tunisie dans sa stratégie de diversification de mix énergétique. L’objectif sera de porter la part du renouvelable à 30% de l’électricité produite à l’horizon 2030. L’AFD a déjà pour projet, en collaboration avec la STEG, le déploiement de 400.000 compteurs intelligents à Sfax ou encore le financement de la centrale éolienne de Tbaga.

De nombreux programmes de financement sont donc pensés par la France en Tunisie. C’est dire l’importance de ce partenariat économique. Le groupe d’impulsion qui a été présenté lors de la conférence de presse œuvrera à suivre de près la réalisation de tous ces projets et à réfléchir également sur d’autres axes. Ce groupe rencontrera le représentant français trois fois par an. La première réunion aura lieu en juillet prochain.

Elle aura notamment pour thème la modernisation du secteur agricole et la mobilité professionnelle émanant de l’exode des compétences tunisiennes à l’étranger. L’ambassadeur a rappelé que cette idée devait être guidée par « maintien d’un mantra », celui de la jeunesse et de l’emploi qui « doit colorer toutes les actions ».

Parmi les membres du groupe d’impulsion pour le partenariat économique France-Tunisie on compte Fadhel Abdelkefi, Président du Conseil d’Administration, Tunisie Valeurs ; ancien Ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale et ancien Ministre des Finances, Jaloul Ayed, Président Fondateur « Vega » et ancien Ministre des Finances, Hichem Elloumi, Président Directeur Général « Coficab » (Groupe Elloumi), Mohamed Frikha, Directeur Général « Telnet », Radhi Meddeb , Président Directeur Général « Comète » et Baddredine Ouali, Président « Vermeg ».

Wissal Ayadi

Lire aussi

Économie Économie Économie Économie 8ans après le 14 janvier, les cinq maux de la Tun