Zitoun revient sur son appel à affranchir l’Islam du conflit partisan

22-02-2019

Le dirigeant d’Ennahdha, Lotfi Zitoun, considère qu’il existe une controverse continue au sein de son mouvement, sur la mise en œuvre des politiques du 10ème congrès ayant décidé la mutation vers un parti politique habilité à gouverner, et ouvert sur les compétences du pays, toutes orientations confondues.

Dans un entretien avec le Journal el-Arab, le dirigeant d’Ennahdha considère que la percée du mouvement dans les urnes a suscité une polémique permanente, sur les questions d’identité, face aux craintes exprimées par de larges strates de la société, notamment les femmes sur la possibilité d’attenter à leur mode de vie et à leurs libertés individuelles.

Zitoun impute cette polémique essentiellement à l’absence de clarté au niveau du discours du mouvement. « La confusion qui caractérise le discours de certains nahdhaouis entre ce qui est politique, et ce qui est religieux, appelle le mouvement à accélérer sa mutation vers un parti politique dont l’unique mission est de produire des programmes, et des cadres pour gérer les services de l’Etat, en laissant le reste aux autres composantes de la société civile », souligne-t-il.

Il explique son appel à Ennahdha à affranchir l’Islam du conflit partisan, par sa conviction qu’il est « la propriété des Tunisiens, dans la mesure où cela suscite un soupçon d’instrumentalisation partisane et une tentative de l’investir pour attirer les voix des électeurs ». Cela revient à reconnaitre « l’amalgame créé dans la tête des citoyens, du fait de l’abondance de la matière religieuse dans le discours des Nadhaouis, et son indigence dans les volets économique, programmatique et de développement ».

Sur les raisons qu’il ne soit pas persuadé par l’Islam démocratique, il affirme que « l’Islam est la religion du peuple, le réservoir de ses valeurs, et est un dénominateur commun entre l’ensemble des Tunisiens, c’est une propriété qui ne peut être associée à aucune catégorie, ou groupe…Par ailleurs, le fait d’ajouter les épithètes politique, démocratique, moderniste ou autre à l’Islam, en minore l’importance, et revêt un soupçon d’instrumentalisation politique. »

Gnet

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