96% du commerce extérieur passe par les ports, « en mal de compétitivité »

19-04-2019

Pour la cinquième édition du Tunisia Economic Forum, l’IACE a choisi de traiter la question des infrastructures de connectivité. Parmi elles, figurent les ports. La Tunisie dispose d’un tissu portuaire non négligeable avec 8 ports commerciaux. Malgré une situation géographique stratégique, le pays n’arrive pas à être compétitif.

Une infrastructure de qualité est un levier important pour le développement économique, surtout pour un pays comme la Tunisie, qui dispose de près de 1500 kilomètres de côte.

Pour Tayeb Bayehi, le président de l’IACE, « une infrastructure de mauvaise qualité constitue un frein au développement économique. Plusieurs pays émergents n’ont pu réussir leur croissance que grâce aux amélioration de leur infrastructure ».
En Tunisie, 96% du commerce extérieur est assuré par voie maritime. C’est dire l’importance du réseau portuaire. Depuis la révolution, la situation dans les ports du pays ne cesse de se détériorer, déplore-t-on lors d’une journée d’échange sur les infrastructures de connectivité, portuaires et routières.

Lors de ce forum, l’IACE a publié un rapport qui renferme l’ensemble des recommandations visant l’amélioration de la performance portuaire. Ce document vise à dresser les mesures concrètes afin de mettre en œuvre une stratégie pour une meilleure compétitivité du système portuaire national.

Ce rapport pointe du doigt le désintérêt de l’Etat en matière d’entretien des ports. Des ports dits de 1ère génération dépourvus de toute modernité. Tous situés dans des grandes villes, comme Tunis, Sfax, ou Bizerte et qui souffrent donc d’un manque de réserve foncière, ce qui en entrave la mise à niveau.

La Tunisie, mauvaise élève dans la région
Les indicateurs publiés par les instances nationales et internationales comme la Banque Mondiale, la CNUCED, l’Observatoire de la Compétitivité Durable ou encore l’IACE, sur la qualité des infrastructures de connectivité montrent les mauvais scores de la Tunisie non seulement à l’échelle nationale mais aussi internationale.

Ainsi, en 2007, la Tunisie était plus compétitive que le Maroc, l’Egypte ou encore la Turquie. Dix ans plus tard, elle a régressé et se retrouve en bas de tableau. L’indice de performance place le pays au 105ème rang sur 160 pays. En ce qui concerne la qualité de l’infrastructure portuaire, la Tunisie se trouve à la 87ème place sur 140.

Port d’Enfidha
Le port en eaux profondes d’Enfidha est situé en première position sur la liste des projets du gouvernement dans le cadre d’un partenariat public/privé. Son coût est estimé à 3.3 milliards de dinars.

Ce port de nouvelle génération permettra un meilleur rendement dans l’exploitation des navires. En effet, les ports tunisiens ne peuvent aujourd’hui accueillir que des navires de 25.000 tonnes. Alors qu’en eaux profonde, ce sont des navires de 80.000 tonnes qui pourraient être pris en charge.

Wissal Ayadi

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