FMI: L’économie du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord connaîtra sa plus grande crise

18-04-2020

L’économie du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord connaîtra sa plus grande crise en quatre décennies à cause du coronavirus et des bas prix du pétrole, selon un nouveau rapport du Fonds monétaire international (FMI).

Dans ses perspectives de l’économie mondiale, publiées mercredi dernier, l’organisme financier intergouvernemental prévoyait que les économies de la région MENA diminueraient de 3,3% en 2020.

« La pandémie du Covid-19 et la chute des prix du pétrole provoquent des turbulences économiques importantes dans la région … L’impact pourrait être durable », a déclaré Jihad Azour, le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, dans ses Perspectives économiques régionales d’avril.

« Bien qu’il existe une incertitude considérable quant à la profondeur et à la durée de la crise, cette pandémie aggravera le problème du chômage dans la région et aggravera la dette publique extérieure déjà élevée. »
Le FMI a également averti que les économies des pays déjà ravagés par des années de conflit, notamment la Syrie, le Yémen, l’Iraq et la Libye, étaient susceptibles d’être particulièrement touchées.

Il a ajouté que la pandémie et la faiblesse des prix du pétrole raseraient 323 milliards de dollars, soit 12%, de l’économie du monde arabe. La majeure partie de cette perte, estimée à 259 milliards de dollars, proviendra des États du Golfe dépendants de l’énergie.

La dette des gouvernements arabes augmentera de 15% soit l’équivalent 190 milliards de dollars, cette année pour atteindre 1,46 billion de dollars, selon les données du FMI, alors que le coût de l’emprunt grimpe en parallèle.

Les prix du pétrole aux niveaux actuels pourraient entraîner une perte de revenus annuels de plus de 23 milliards de dollars pour les exportateurs arabes de pétrole et l’Iran, a-t-il déclaré.

Le déficit budgétaire de la région devrait passer de 2,8% du PIB en 2019 à 10% du PIB cette année.

Conseils du FMI

Le FMI suggère que pour éviter les pires séquelles économiques de la pandémie, les pays de la région devraient renforcer ses mécanismes de sécurité sociale, fournir des allégements fiscaux et des subventions temporaires et ciblés, et utiliser des politiques monétaires et financières pour maintenir la liquidité dans le système.

« Les gouvernements pourraient envisager de réorienter les priorités de dépenses, par exemple en réduisant ou en retardant les dépenses non essentielles, ou en recherchant un soutien ou une aide financière extérieure », a-t-il ajouté.

« Une mauvaise gestion de l’épidémie pourrait élever la méfiance à l’égard des gouvernements locaux, semant des graines pour de nouveaux troubles sociaux et ajoutant à l’incertitude régionale. »

Gnetnews

 

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