Analyse : Le Club Africain a passé son crash-test : décryptage d’une solidité tactique
Au terme d’une semaine de confrontations intenses sur la scène continentale, l’heure est au premier grand bilan pour le Club Africain. Entre doutes estivaux, reconstruction minutieuse et validation sur le terrain, le club de Bab Jedid semble avoir trouvé le déclic.
De l’atelier de montage au laboratoire du crash-test
Avant qu’une voiture ne prenne la route, il lui faut des pièces. Vient ensuite l’étape de l’assemblage, puis des essais sur piste, avant l’épreuve reine : le crash-test.
À notre sens, le Club Africain vient de franchir cette étape cruciale avec brio. Face à un adversaire de la trempe du TP Mazembe, le constat était saisissant : les Corbeaux auraient pu jouer d’autres 90 minutes, sans parvenir à trouver la faille.
La patte Kanzari : pragmatisme et forteresse défensive
Dans le football, les convictions de cet homme sont claires, et il s’y tient. Maher Kanzari est de ceux qui croient fermement que pour gagner, il faut d’abord verrouiller sa défense, quitte à ne pas flamber offensivement. C’est exactement ce que nous observons depuis le coup d’envoi de cette saison.
L’entraîneur a su préserver la solidité défensive posée par son prédécesseur, Faouzi Benzarti. Pas de philosophie excessive ni de révolution stérile : avec les ressources humaines disponibles, il a prouvé qu’il n’était pas venu faire de la simple figuration au Club Africain, malgré la violente campagne médiatique qui a accompagné sa nomination. Kanzari a choisi de ne pas entrer dans la polémique. Il a encaissé les critiques, les insultes et les coups bas en silence, pour mieux répondre sur le rectangle vert. C’est une victoire mentale considérable.
Des individualités au service d’un collectif
Sur la pelouse, si trois ou quatre éléments sortent du lot par leur régularité, un nom plane au-dessus du lot : Saido Khan.
Quel joueur ! Quelle maîtrise du ballon, quel volume de jeu et quel équilibre précieux il apporte à l’entrejeu. On n’oubliera pas non plus la prestation de Sherimi, mais Saido évolue clairement dans une autre catégorie.
La route s’ouvre : le vrai test commence
Maintenant que le crash-test est validé, c’est le moment de s’élancer sur la grande route. Et pour toute automobile, la réalité complète ne se révèle qu’une fois lancée sur l’asphalte, au milieu de la circulation et face aux autres bolides pilotés par des rivaux coriaces.
C’est précisément là que surgira peut-être la plus grande faiblesse de cette équipe : la rareté des solutions sur le banc de touche. La route est longue, et la profondeur de l’effectif sera le véritable juge de paix de cette saison.